(BFI) – Le ministère des Finances passe à l’offensive. Après l’expiration des délais légaux, la Direction Générale des Impôts (DGI) accorde un dernier sursis de sept jours aux agents publics, personnels du secteur parapublic et hauts commis de l’État pour régulariser leur déclaration annuelle d’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP). Passé ce délai, les sanctions financières tomberont et les noms des récalcitrants pourraient être rendus publics.
L’étau se resserre autour de l’élite administrative camerounaise. Malgré une prorogation exceptionnelle accordée jusqu’au 31 août, de nombreux hauts fonctionnaires et cadres du secteur parapublic manquent encore à l’appel fiscal. Face à cette résistance, le ministère des Finances vient de brandir un ultimatum de la dernière chance : sept jours pour soumettre leur Déclaration Pré-remplie (DPR) sous peine de sanctions immédiates.
Le marteau fiscal s’annonce particulièrement lourd pour les retardataires. Au-delà d’une amende administrative automatique de 100 000 FCFA pour défaut de souscription, le fisc appliquera des intérêts de retard de 1,5 % par mois combinés à une pénalité de 10 %. Mais la véritable arme de dissuasion massive reste politique : la DGI menace explicitement de recourir au « name and shame » en publiant la liste nominative des hautes personnalités en situation d’irrégularité.
Derrière ce coup de pression inédit se cache un enjeu budgétaire crucial pour l’État. La niche fiscale des contribuables non professionnels représente un potentiel estimé à 25 milliards de FCFA. En ciblant le sommet de la pyramide sociale, l’administration financière cherche non seulement à renflouer les caisses publiques, mais aussi à envoyer un message fort d’exemplarité à l’ensemble des contribuables. Les sept prochains jours sonneront comme l’heure de vérité pour le civisme fiscal de l’élite camerounaise.
Cédric Boyomo




