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Le Cameroun franchit une étape cruciale dans le financement du corridor Douala-Bangui

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Cette autorisation permet au Cameroun de signer l’accord de prêt, mais ne signifie pas que les fonds ont été débloqués ni que les travaux ont commencé. Ce corridor est essentiel pour la République centrafricaine, pays enclavé, car plus de 80 % de son commerce extérieur y transite, selon la Banque mondiale. Le mauvais état des routes, l’insuffisance du drainage et la vétusté des infrastructures perturbent le trafic, tandis que la lourdeur des procédures et les points de contrôle informels engendrent des retards et rendent les chaînes d’approvisionnement moins prévisibles.

Pour la République centrafricaine, l’amélioration de ce corridor est particulièrement importante pour l’approvisionnement en denrées alimentaires, en carburant et autres biens importés. La Banque mondiale estime que l’acheminement des marchandises vers les capitales intérieures, dont Bangui, peut prendre des semaines. Les coûts de transport élevés et les délais de livraison imprévisibles contribuent à la hausse des prix et à leur forte volatilité.

Amélioration du réseau routier pour une meilleure fiabilité

Ce financement s’inscrit dans la première phase d’un programme plus vaste de la Banque mondiale, approuvé le 12 juin. Le programme complet représente un investissement de 1,12 milliard de dollars, dont 525 millions pour la première phase. Sur ce montant, la Banque mondiale a approuvé 425 millions de dollars pour le Cameroun, dont 407 millions provenant de la BIRD et 18 millions de l’Association internationale de développement (IDA). La République centrafricaine a reçu 90 millions de dollars de l’IDA, et 10 millions de dollars supplémentaires ont été alloués à la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Du côté camerounais, les préparatifs comprennent la reconstruction du tronçon Yaoundé-Edéa de la route nationale n° 3. Un avis de marché publié en juillet par le ministère des Travaux publics porte sur la supervision des travaux sur les 165 kilomètres de la route Yaoundé-Edéa, dont un tronçon de 62,9 kilomètres entre Pont Ndoupé et Carrefour Edéa. Le programme global prévoit également des mesures de sécurité routière, des stations de pesage modernes et un système d’entretien plus durable de l’axe.

En République centrafricaine, les documents de projet de la Banque mondiale identifient le tronçon Baoro-Bossemptélé, long d’environ 79 kilomètres, comme prioritaire pour la réhabilitation. Cette route fait partie de l’axe Bangui-Garoua-Boulaï reliant la capitale à la frontière camerounaise. Le mauvais état du revêtement, l’insuffisance du drainage, la vétusté des ponts et le manque d’entretien ont contribué à des interruptions fréquentes du réseau routier national.

Le programme vise également à améliorer les liaisons entre les zones de production agricole et l’axe principal. Ce projet prévoit la réhabilitation des routes secondaires, des infrastructures logistiques et le soutien à l’activité économique le long de l’axe, afin d’améliorer l’accès aux marchés pour les producteurs, les petites entreprises et les commerçants.

La route de Douala n’est pas le seul projet de transport régional de la République centrafricaine. Le pays développe également une autre liaison vers l’Atlantique via le corridor Pointe-Noire-Brazzaville-Bangui-N’Djamena, soutenu par la Banque africaine de développement. La Banque a annoncé la semaine dernière que les travaux sur le tronçon Bossarangba-Mbaïki (69 km) et sur 4,5 km de routes urbaines à Mbaïki étaient achevés à 98 % au 31 août. Ce projet vise à offrir au pays une seconde liaison avec le port de Pointe-Noire, en République du Congo.

La modernisation du réseau routier nécessitera des réformes

Cependant, l’amélioration des routes à elle seule n’entraînera pas nécessairement une baisse comparable des coûts de transport ou des prix des importations. La Banque mondiale identifie des obstacles réglementaires et opérationnels le long du corridor, notamment des procédures douanières complexes, des points de contrôle informels, des règles de transit fragmentées et un marché du transport routier peu concurrentiel.

Les règles de partage du fret entre les transporteurs camerounais et centrafricains constituent une autre contrainte. Dans le cadre du système de transport bilatéral, les marchandises circulant entre le Cameroun et la République centrafricaine sont réparties entre les transporteurs des deux pays. De tels accords peuvent limiter la concurrence et réduire la répercussion des coûts de transport routier plus bas sur les commerçants et les consommateurs.

L’entretien représente un autre défi. En République centrafricaine, la Banque mondiale estime que le Fonds d’entretien des routes couvre moins de 5 % des besoins du pays après la suspension des transferts directs provenant de la taxe sur les carburants. Le nouveau programme pour le corridor prévoit donc des mesures visant à renforcer la gestion du patrimoine routier et à instaurer des dispositifs d’entretien pluriannuels basés sur la performance après réhabilitation.

Les goulots d’étranglement administratifs et les risques liés à la sécurité peuvent également allonger les temps de trajet, même après l’amélioration des routes. Des documents de la Banque mondiale présentent l’insécurité, les perturbations aux frontières et les postes de contrôle informels comme des menaces persistantes pour la fiabilité du corridor. Le programme associe donc des améliorations matérielles à des mesures de facilitation des échanges, à des réformes institutionnelles et à des dispositions visant à renforcer l’entretien à long terme.

Suite à l’autorisation donnée par M. Biya le 2 octobre, le Cameroun doit encore signer l’accord de prêt avec la BIRD et accomplir les dernières formalités nécessaires avant que le financement ne puisse être mobilisé. Les procédures de passation des marchés sont déjà en cours de préparation pour plusieurs volets du projet, mais le décret présidentiel lui-même ne marque pas le début des travaux de construction.

Omer Kamga

Rédaction
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