(BFI) – La finalisation de cette opération a été officialisée mardi 12 mai à Yaoundé, lors d’une cérémonie présidée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Selon ce dernier, cette étape marque l’aboutissement d’un processus engagé depuis plus d’un an, à la suite de la réorganisation stratégique des activités africaines du groupe Société Générale.
L’Etat camerounais a officiellement pris le contrôle de la Société Générale Cameroun, filiale du groupe bancaire français Société Générale, désormais rebaptisée General Bank of Cameroon (GBC). L’opération avait reçu, début avril, l’approbation de la Commission bancaire de l‘Afrique centrale (Cobac), ouvrant ainsi la voie à son exécution définitive.
Selon les informations communiquées par Louis Paul Motaze, lors de la cérémonie officielle, l’Etat du Cameroun a acquis 58,08% des parts détenus par Société Générale dans sa filiale locale pour un montant de 129 milliards de Fcfa. Cette acquisition s’ajoute aux 25,60% détenus par l’Etat, qui contrôle désormais 83,68% du capital de la banque. Les 16,32 restant appartenant à SanlamAllianz.
Avec cette acquisition, l’État devient majoritaire dans une cinquième banque du pays, après la Banque Camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises, Commercial Bank Cameroun, NFC Bank et Union Bank of Cameroon.Le gouvernement présente cette prise de contrôle comme une mesure visant à préserver la stabilité du système bancaire national. « Il était essentiel d’assurer une transition sécurisée et conforme aux exigences réglementaires », a déclaré Louis Paul Motaze, assurant que toutes les dispositions avaient été prises pour garantir la sécurité des dépôts et la continuité des services bancaires.
Dans une note transmise à la presse, Société Générale Cameroun a tenu à rassurer ses clients et partenaires sur sa situation financière avant cette transition stratégique. Au 31 mars 2026, l’établissement revendiquait des fonds propres nets de 138 milliards FCFA ainsi qu’un ratio de couverture des risques de 20,5 %, soit près du double du minimum exigé par la COBAC pour les banques systémiques. La banque affichait également un ratio de liquidité de 211 %, largement supérieur au seuil réglementaire fixé à 100 %.
Malgré cette solidité financière, la filiale camerounaise du groupe français a connu un recul commercial ces dernières années. Pour la première fois depuis cinq ans, elle a perdu sa place de deuxième banque du pays en matière de dépôts, dépassée par AFG Bank Cameroun.
Selon les données du marché, ses dépôts ont chuté de 18,01 % en 2025, même s’ils restent au-dessus du seuil symbolique des 1 000 milliards FCFA. Sur le segment des crédits, l’établissement conserve toutefois la deuxième position avec environ 12 % de parts de marché, contre 11 % pour AFG Bank Cameroun.
Cette restructuration pourrait ainsi redessiner durablement le paysage bancaire camerounais, marqué par une présence croissante de l’État dans le secteur financier.
Omer Kamga




