(BFI) – Selon un additif publié le 8 mai 2026 et consulté par Investir au Cameroun, l’entreprise a reporté au 9 juin 2026 la date limite de dépôt des candidatures dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt international lancé le 23 avril pour la présélection de cabinets d’architecture.
La procédure porte sur « l’élaboration d’une esquisse d’un projet hôtelier 5 étoiles à Idolo-Kribi ». Elle constitue l’une des premières étapes structurantes d’un projet par lequel la CHC entend se doter, à terme, d’un second actif hôtelier d’envergure après le Hilton de Yaoundé.
D’après les éléments communiqués par l’entreprise publique, le futur établissement serait implanté en zone balnéaire et viserait une clientèle mixte, composée de touristes, de voyageurs d’affaires et de visiteurs issus de la sous-région d’Afrique centrale. La CHC présente le projet comme un resort 5 étoiles appelé à proposer une offre élargie de services et d’activités touristiques.
Le pari de l’entreprise repose en grande partie sur la transformation économique de Kribi. Au cours des dernières années révèle Investir au Cameroun, la ville s’est affirmée comme un point d’ancrage stratégique au croisement du tourisme littoral, des investissements industriels et du développement du complexe industrialo-portuaire. Pour la CHC, cette double vocation, économique et balnéaire, est susceptible de soutenir l’émergence d’une offre hôtelière haut de gamme.
À ce stade, aucune enseigne n’a été officiellement associée au projet. En l’absence d’annonce sur l’opérateur appelé à exploiter l’établissement, l’hypothèse d’une extension du partenariat historique entre la CHC et Hilton demeure spéculative. Si un tel schéma devait néanmoins être retenu, le Cameroun verrait se renforcer la présence du groupe américain, déjà installé à Yaoundé et annoncé à Douala depuis 2021 à travers le projet DoubleTree by Hilton développé avec la Société nouvelle des cocotiers.
Un projet qui s’inscrit dans la recomposition stratégique de la CHC
L’initiative de Kribi intervient alors que la CHC mène, en parallèle, un chantier plus large de restructuration de ses actifs. Selon des informations consultées par Investir au Cameroun, l’entreprise a récemment retenu le consortium Attijari Securities Central Africa (ASCA), AFG Capital et Financia Capital pour structurer la levée de fonds destinée à financer la rénovation du Hilton de Yaoundé et de son centre commercial attenant.
Au regard des paramètres financiers retenus lors de l’attribution du marché, cette opération peut être estimée autour de 25 milliards de FCFA. Le projet de Kribi apparaît ainsi non comme une initiative isolée, mais comme l’un des volets d’une séquence plus large de revalorisation du portefeuille de la CHC.
Cette dynamique s’inscrit elle-même dans un agenda public plus vaste. Identifiée parmi les entreprises appelées à rejoindre la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), la CHC occupe une place particulière dans la stratégie de réforme du portefeuille de l’État. Contrôlée à 95,6 % par les pouvoirs publics, elle pourrait servir de vitrine à la fois pour la modernisation des actifs publics et pour la relance des ambitions camerounaises sur le segment hôtelier premium.
Au-delà du seul cas CHC, le projet illustre l’intérêt croissant porté au marché camerounais de l’hôtellerie haut de gamme. Longtemps dominé par le seul Hilton de Yaoundé, ce segment commence à se diversifier, sous l’effet combiné de nouveaux investissements, de la montée en puissance de pôles urbains comme Douala et de la valorisation progressive de destinations de séjour comme Kribi.




