(BFI) – Réunis à Kintélé et à Brazzaville, les six chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont porté, aux côtés de la Banque africaine de développement (BAD), un plaidoyer en faveur d’une réforme de l’architecture financière mondiale. L’objectif est de réduire la prime de risque excessive appliquée aux pays africains et de faciliter l’accès aux financements nécessaires au développement de la sous-région.
Les présidents Paul Biya (Cameroun), Denis Sassou N’Guesso (Congo), Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale), Faustin-Archange Touadéra (République centrafricaine) et Mahamat Idriss Déby Itno (Tchad) défendent une vision commune : permettre à l’Afrique centrale de mobiliser davantage de ressources pour financer sa transformation économique.
Soutenu par le président de la BAD, Sidi Ould Tah, ce plaidoyer dénonce les coûts de financement élevés imposés aux économies africaines, souvent en raison d’une perception du risque jugée défavorable. Selon les dirigeants, cette situation freine les investissements et limite la réalisation de projets structurants pourtant essentiels à l’intégration régionale.
Au cœur des discussions figurent le financement du Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale (PDCT-AC), le développement des corridors routiers, des interconnexions énergétiques, du réseau régional de fibre optique ainsi que le projet hydroélectrique de Chollet. La BAD demeure un partenaire majeur dans la mise en œuvre de ces infrastructures stratégiques.
Les dirigeants de la CEMAC misent également sur une meilleure mobilisation des ressources internes. Avec l’appui de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) et des institutions financières régionales basées à Yaoundé, ils souhaitent accélérer l’intégration des marchés financiers afin de transformer l’épargne locale en investissements productifs.
À travers cette initiative, les six chefs d’État réaffirment leur volonté de renforcer la souveraineté économique de l’Afrique centrale, de soutenir l’industrialisation et de bâtir un modèle de croissance moins dépendant des financements extérieurs. Un message fort adressé aux partenaires internationaux en faveur d’un système financier mondial plus équitable et plus favorable au développement du continent.




