Pour financer son déficit de trésorerie en 2021, le Cameroun a choisi de recourir au marché monétaire de la Cemac

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MINFI
(BFI) – Le Cameroun veut lever 125 milliards en un mois sur le marché monétaire de la Cemac. Pour sa première phase d’émission des titres, le trésor public camerounais a privilégié les maturités longues.

La loi de finances autorise le gouvernement à y mobiliser jusqu’à 350 milliards de FCFA à travers l’émission de titres publics. A cet effet, le Directeur général du Trésor, de la coopération financière et monétaire (Dgtcfm), agissant pour le compte du Ministre des Finances, vient de rendre public le calendrier de la première phase des émissions desdits titres.

On y découvre que le trésor public camerounais a choisi d’accorder la part belle aux titres de longue maturité. Les trois opérations que le pays entend effectuer au cours de cette première phase se feront par émission d’obligations du Trésor assimilables (OTA), titres dont la maturité varie de plus d’un an à 10 ans.  Selon le document, signé par Moh Sylvester, la première émission se tiendra le mercredi 24 février prochain. Le pays tentera de lever un montant entre 35 et 50 milliards de FCFA au taux de 5,5% et pour une maturité de 5 ans. Le mercredi 10 mars, le pays retournera sur le marché des capitaux pour un montant compris entre 25 et 35 milliards de FCFA d’une maturité de 7 ans au taux de 6%. Enfin la 3e émission aura lieu le mercredi 24 mars 2021. Pour cette dernière, le trésor public sollicitera auprès des investisseurs entre 30 et 40 milliards de FCFA au taux de 5,5% remboursable en 5 ans.

En restant optimiste, le pays pourra mobiliser jusqu’à 125 milliards de FCFA au terme de cette campagne. Au pire des cas, il espère s’en sortir avec au moins 90 milliards de FCFA. Afin de s’assurer un succès sur ce marché au cours de l’exercice 2021, le ministre camerounais des finances, Louis Paul Motaze s’est rendu le 9 février dernier à Douala pour présenter le programme d’émission des titres publics aux investisseurs nationaux et étrangers et les rassurer quant à la crédibilité de la signature de l’Etat du Cameroun. Jusqu’ici, s’est vanté le Minfi, le Cameroun, n’a enregistré aucun défaut de paiement sur le marché monétaire de la Cemac depuis son lancement en novembre 2011.

La part belle aux titres longs

«En 2021, nous allons privilégier les maturités longues (5 ans, 6 ans, 7 ans et 10 ans). Les émissions se feront par tranche comprise entre 20 et 35 milliards de Fcfa à des périodicités mensuelles, afin d’étendre les cycles d’émissions à long terme sur toute l’année», a annoncé Louis Paul Motaze. Les Obligations du Trésor sont des instruments de placement de moyen et long terme. Ils comportent un risque moindre que celui des crédits aux entreprises et aux particuliers parce que selon l’adage populaire, «l’Etat [qui les émet] ne peut pas tomber en faillite». L’existence d’un marché secondaire permet d’assurer la liquidité des Obligations du Trésor qui sont par ailleurs, dans le cas Cemac, des supports de refinancement des banques auprès de la Beac.

Pour les compagnies d’assurance, les Obligations du Trésor sont des instruments dans lesquels elles peuvent placer leurs réserves (montant cumulés des primes d’assurance encaissées). Ces instruments ont un rendement supérieur à celui des dépôts auprès des banques et sont financièrement très intéressants pour ces institutions. Pour les entreprises et les particuliers aussi, les Obligations du Trésor sont des instruments de placement rentables et moins risqués. « Ces ressources seront affectées pour environ 35% au secteur des infrastructures routières et d’ouvrage d’art, 40% pour le secteur de l’énergie et de l’eau, 11% pour la CAN et 5% pour les grands projets agricoles », a détaillé le ministre des Finances.

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