(BFI) – Le projet de bauxite de Minim Martap franchit une nouvelle étape sur le front logistique. Sept locomotives fabriquées par le chinois CRRC Corporation Ltd sont attendues au port de Douala pour le compte de Camalco, la filiale camerounaise de l’australien Canyon Resources, engagée dans le développement de ce gisement situé dans l’Adamaoua.
L’annonce émane du logisticien Cosco Shipping, qui indique avoir récemment embarqué 12 locomotives à destination de l’Afrique. Sur ce lot, sept doivent être livrées au Cameroun pour alimenter le dispositif ferroviaire appelé à desservir la future mine.
Cette livraison s’inscrit dans le cadre d’un contrat plus large portant sur 22 locomotives diesel conclu entre Camalco et CRRC. L’objectif est de sécuriser la chaîne d’évacuation du minerai, alors que le projet vise une production de 10 millions de tonnes de bauxite par an.
L’enjeu est d’abord financier et opérationnel. Camalco, associée à Camrail, a déjà mobilisé 176,8 milliards de FCFA sur les 252,6 milliards de FCFA prévus pour l’acquisition du matériel ferroviaire. Autrement dit, une part majeure de l’investissement logistique a déjà été engagée, avant même la montée en puissance effective des expéditions.
Au-delà des locomotives, le schéma de transport repose aussi sur une commande initiale de 560 wagons ouverts passée auprès de l’indien Texmaco Rail & Engineering Limited. Cette commande est assortie d’une option sur 1 040 wagons supplémentaires à livrer au cours des cinq prochaines années, signe que le promoteur calibre déjà son outil ferroviaire pour une exploitation à grande échelle.
Le projet ne se limite pas à l’achat de matériel roulant. Canyon Resources doit également financer le raccordement de la mine au réseau national ainsi que la réhabilitation en urgence de plusieurs points critiques de la voie ferrée existante, afin de garantir l’acheminement du minerai jusqu’au port de Douala.
Avec l’arrivée annoncée de ces premières locomotives, le dossier Minim Martap envoie ainsi un signal d’avancement concret : après les annonces de financement et les contrats industriels, le projet entre plus visiblement dans sa phase de mise en place logistique, condition essentielle à toute future exportation.




