(BFI) – Le Cameroun cherche à obtenir des financements pour étendre son réseau électrique et raccorder huit millions de personnes supplémentaires à l’électricité d’ici 2030. Ce besoin de financement a été évoqué le 7 septembre 2026 lors d’une rencontre entre le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, et Harold Tavares, administrateur du Groupe de la Banque mondiale pour le groupe Afrique II. M. Tavares a rencontré le ministre après avoir visité la centrale hydroélectrique de Nachtigal (420 mégawatts) ainsi que les infrastructures construites pour acheminer l’électricité produite vers le Réseau interconnecté Sud.
Selon les informations publiées par le ministère de l’Eau et de l’Énergie, les discussions ont porté sur l’augmentation de la capacité de production, la modernisation des réseaux de transport et de distribution, ainsi que sur la mobilisation de fonds pour étendre l’accès à l’électricité. La centrale de Nachtigal produit environ 2 970 gigawattheures d’électricité par an et représente près de 30 % de l’électricité générée sur le Réseau interconnecté Sud, qui dessert les principaux pôles économiques et démographiques du pays.
La centrale a permis d’augmenter le volume d’électricité disponible pour le système. Toutefois, l’acheminement de cette production supplémentaire vers les consommateurs nécessite des investissements additionnels dans les lignes de transport, les infrastructures de distribution, la maintenance et les nouveaux raccordements. La réduction des pertes techniques et commerciales a également été identifiée comme l’une des mesures nécessaires pour améliorer l’approvisionnement en électricité. Ces investissements dans le réseau détermineront quelle proportion de la nouvelle capacité de production parviendra effectivement aux usines, aux entreprises, aux services publics et aux ménages.
Un objectif d’accès lié à la « Mission 300 »
Le Cameroun prévoit de fournir de l’électricité à environ huit millions de personnes supplémentaires d’ici 2030 dans le cadre de son Pacte national pour l’énergie et de la « Mission 300 », une initiative portée par le Groupe de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. La Mission 300 vise à raccorder 300 millions de personnes en Afrique à l’électricité d’ici la fin de la décennie.
Le programme camerounais associe des extensions du réseau national à des mini-réseaux, des systèmes solaires autonomes et d’autres solutions hors réseau pour les communautés difficiles à atteindre via le réseau principal. Le Pacte national pour l’énergie estime qu’un financement supplémentaire d’environ 12,5 milliards de dollars sera nécessaire pour atteindre les objectifs énergétiques du pays. M. Tavares a indiqué qu’entre 1,5 et 1,6 million de personnes avaient eu accès à l’électricité depuis le début des opérations. Il a estimé le taux d’accès à l’électricité au Cameroun entre 63 % et 65 %, laissant ainsi une part importante de la population sans raccordement. Le représentant de la Banque mondiale a réaffirmé la volonté de l’institution de soutenir la mise en œuvre du programme énergétique du pays.
Au-delà de la production d’électricité, le projet Nachtigal a également contribué à l’emploi local et au développement des compétences. Les Camerounais représentent 95 % des effectifs de la centrale, selon les informations communiquées lors de la visite. La prochaine phase du gouvernement se concentrera sur le renforcement et la maintenance des systèmes de transport et de distribution, la réduction des pertes sur le réseau et l’augmentation du nombre de raccordements. Ces mesures visent à transformer la production supplémentaire issue de Nachtigal en une électricité plus fiable pour les ménages, les entreprises et les services publics à travers le pays.
Rémy Ngassana




