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Camtel étudie une coopération renforcée avec Socadel pour une expansion télécoms moins coûteuse

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Judith Yah Sunday et Oumarou Hamandjoda se sont rencontrés à Douala le 8 septembre pour discuter de questions techniques, notamment le partage d’infrastructures. Les deux dirigeants ont également exprimé leur volonté de voir ces échanges favoriser une coopération accrue, une utilisation plus efficace des ressources et une amélioration continue des services.

Pour Camtel, le partage d’infrastructures permettrait d’optimiser les investissements et de faciliter l’extension du réseau vers des zones où les nouveaux déploiements sont onéreux. Des accords antérieurs donnent un aperçu de la manière dont une telle coopération pourrait fonctionner. En juin 2024, l’opérateur a signé un accord-cadre avec la société nationale des eaux, Camwater, pour le partage de leurs réseaux. Cet accord prévoyait la colocalisation d’infrastructures ainsi que l’installation ou la mise à disposition de fourreaux et de conduites lors de travaux de génie civil, afin de faciliter le déploiement de câbles à fibre optique ou de conduites d’eau. Camtel avait alors indiqué que ce dispositif permettrait de réduire les coûts, d’accélérer le déploiement et de mieux protéger les réseaux contre le vandalisme.

La coopération avec Socadel pourrait suivre un modèle similaire, mais avec une différence majeure. La compagnie d’électricité dispose d’un vaste réseau à travers le Cameroun, susceptible de soutenir le déploiement d’infrastructures numériques. Les réseaux électriques sont couramment utilisés pour acheminer des infrastructures de télécommunications, telles que des câbles à fibre optique. Il existe déjà un précédent concernant l’utilisation par Camtel d’infrastructures construites par l’opérateur électrique. En octobre 2023, le gouvernement a transféré à l’opérateur public de télécommunications 812 kilomètres de câbles à fibre optique installés par Eneo (devenu Socadel). Cette infrastructure, desservant notamment Yaoundé, Douala, Kribi, Limbé, Bafoussam et Bamenda, visait à renforcer le réseau haut débit de Camtel et à améliorer l’accès à Internet dans les zones reculées.

L’énergie constitue un autre domaine de coopération potentiel

L’électricité représente un autre domaine de coopération naturelle entre les deux entreprises. La qualité des réseaux de télécommunications dépend directement de la fiabilité de l’alimentation électrique des stations de base, des équipements de transmission et autres infrastructures, alors même que les opérateurs au Cameroun signalent régulièrement des difficultés liées à l’approvisionnement en électricité. Lors d’une évaluation réalisée en septembre 2024, l’Agence de régulation des télécommunications (ART) a constaté que l’alimentation électrique insuffisante des réseaux figurait parmi les facteurs à l’origine de la dégradation de la qualité des services mobiles chez MTN, Orange et Camtel. Cette contrainte affecte également les infrastructures reliant les différents réseaux, notamment le réseau dorsal national en fibre optique exploité par Camtel et mis à la disposition des autres opérateurs.

En avril 2025, l’ART a rapporté qu’IHS, principal fournisseur de tours pour les opérateurs de télécommunications, considérait l’approvisionnement en électricité — qu’il qualifiait d’« instable et coûteux » — comme l’un des défis majeurs affectant ses infrastructures. Ces problèmes finissent par se répercuter également sur les utilisateurs. Les autorités camerounaises souhaitent que Socadel engage le secteur de l’électricité sur une nouvelle voie. Cette restructuration pourrait également avoir des répercussions sur les télécommunications, en particulier pour Camtel. Pour l’heure, toutefois, il est trop tôt pour en évaluer l’impact sur le secteur des télécoms ou pour déterminer l’ampleur de la coopération récemment annoncée entre Camtel et Socadel.

Omer Kamga

Rédaction
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