(BFI) – Le gouvernement camerounais a ouvert les candidatures pour un programme doté de 5,5 milliards de FCFA, destiné à 1 000 jeunes entrepreneurs répartis dans six villes. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts visant à soutenir l’entrepreneuriat des jeunes, à renforcer les petites et moyennes entreprises (PME) et à créer des emplois.
Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a annoncé le lancement de la deuxième édition du concours de plans d’affaires dans le cadre du Projet de filets sociaux adaptatifs et d’inclusion économique, via un communiqué de presse daté du 2 septembre 2026. Les inscriptions en ligne ont débuté le 7 septembre et se clôtureront le 17 octobre 2026. Le programme cible les entrepreneurs âgés de 18 à 35 ans exerçant leurs activités à Yaoundé, Douala, Buea, Bamenda, Maroua et Garoua. Les entreprises éligibles doivent justifier d’une durée d’activité comprise entre un et trois ans. Les entreprises formelles comme informelles peuvent postuler, à condition de démontrer un fort potentiel de croissance et de création d’emplois dans les secteurs prioritaires définis par la Stratégie nationale de développement 2030 (SND30) du Cameroun.
Les candidats retenus bénéficieront d’un financement, d’une formation à l’entrepreneuriat, d’un accompagnement (coaching) et d’un suivi post-financement. Ce volet de suivi vise à renforcer la compétitivité et la pérennité des entreprises sélectionnées une fois les fonds décaissés. Ce concours s’inscrit dans le cadre du Projet de filets sociaux adaptatifs et d’inclusion économique, soutenu par la Banque mondiale. Ce projet global a pour objectif de renforcer la protection sociale des ménages pauvres et vulnérables tout en élargissant l’accès aux opportunités génératrices de revenus et à l’entrepreneuriat.
L’inclusion des entreprises informelles revêt une importance particulière sur un marché du travail où l’emploi informel reste prédominant. Selon la troisième Enquête sur l’emploi et le secteur informel réalisée par l’Institut national de la statistique du Cameroun, 86,6 % des emplois relevaient du secteur informel. Les activités informelles non agricoles représentaient 52 % des emplois, tandis que les activités agricoles informelles en représentaient 34,7 %. Le secteur privé formel, quant à lui, comptait pour 5,1 %.
La même enquête situait le taux d’emploi des personnes âgées de 15 à 34 ans à 39,3 %. Ce taux s’élevait à 47,2 % chez les jeunes hommes et à 31,3 % chez les jeunes femmes. Ce taux était également plus élevé en milieu rural (43 %) qu’en milieu urbain (37,1 %). Une étude de la Banque mondiale, fondée sur l’enquête auprès des ménages réalisés au Cameroun en 2014, a également mis en évidence l’ampleur du secteur informel et de la précarité de l’emploi chez les jeunes. Elle révélait que 85 % des jeunes actifs travaillaient dans le secteur informel, tandis que le taux de chômage atteignait 20 % chez les jeunes diplômés de l’université en zone urbaine.
En orientant les financements et le soutien au développement des entreprises vers celles qui présentent un potentiel de croissance et de création d’emplois, ce concours associe des mesures d’inclusion économique à un appui à l’expansion des activités. En ciblant les secteurs prioritaires de la SND30, le programme s’inscrit également dans les objectifs plus larges du gouvernement en matière d’industrialisation et de développement du secteur privé. Le ministère de l’Économie a indiqué que ce programme visait à soutenir la création d’emplois durables, l’innovation, le renforcement de la compétitivité des PME et une croissance économique plus inclusive.
Omer Kamga




