(BFI) – Le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, et des représentants de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont récemment discuté à Yaoundé de nouvelles options de financement national pour le secteur de la santé au Cameroun, alors que la baisse de l’aide internationale au développement exerce une pression accrue sur le financement des soins de santé.
Ces discussions, qui se sont tenues au ministère de l’Économie, de la Planification et du Développement régional, ont réuni le ministre et une délégation de l’OMS conduite par le Dr Magaran Monzon Bagayoko et Fabrice Laviolette. Les échanges ont porté sur les réformes du financement et de la gouvernance visant à garantir des flux d’investissement plus durables pour la prestation de soins de santé, dans un contexte de réduction croissante du soutien des donateurs extérieurs.
Selon le Dr Bagayoko, les discussions ont porté sur la redéfinition des priorités de financement afin de maintenir les investissements dans le secteur malgré la diminution de l’aide publique au développement. « Nous avons examiné les questions de financement compte tenu de la baisse de l’aide publique au développement et de la nécessité de mobiliser davantage de ressources nationales pour soutenir la santé », a-t-il déclaré. Les discussions ont également porté sur « les étapes clés de notre partenariat et l’élaboration de notre nouvelle stratégie de coopération avec le gouvernement », a-t-il ajouté.
Les représentants de l’OMS ont également insisté sur une coordination plus étroite entre les autorités sanitaires et les planificateurs économiques, alors que le Cameroun aligne le financement de la santé sur sa Stratégie nationale de développement (SND30), qui considère le développement du capital humain comme un pilier de la croissance économique à long terme. « Il s’agit de mieux aligner notre stratégie de financement sur le cadre intégré de financement de la santé élaboré par le ministère de l’Économie dans le cadre de la mise en œuvre de la SND30 », a déclaré le Dr Bagayoko. Il a ajouté que cette approche renforcerait la coopération au-delà des ministères sectoriels et consoliderait la collaboration directe avec le MINEPAT.
Ce regain d’intérêt pour le financement national intervient alors que les urgences de santé publique récurrentes continuent de mettre à rude épreuve les systèmes de santé de la région, accentuant la pression sur les gouvernements pour qu’ils améliorent leur préparation et mettent en place des mécanismes de financement plus prévisibles.
Les deux parties ont également abordé la couverture sanitaire universelle, la surveillance épidémiologique, la préparation aux situations d’urgence et l’approche « Une seule santé », qui intègre la gestion de la santé humaine, animale et environnementale. Cette réunion s’inscrit dans le cadre d’une coopération de longue date entre le Cameroun et l’OMS, remontant à un accord-cadre signé en 1962.
Conformément à la Stratégie de coopération de l’OMS avec le Cameroun pour la période 2025-2029, alignée sur la Stratégie nationale de développement durable à 30 ans (NDS30) du Cameroun, ce dernier pourrait bénéficier de plusieurs instruments de financement stratégiques, notamment le Fonds de lutte contre la pandémie, dont le montant est estimé à environ 14,1 milliards de francs CFA. Ce fonds vise à renforcer les capacités nationales de préparation et de réponse aux futures crises sanitaires, tout en soutenant la résilience des infrastructures de santé publique.
Selon les responsables, ces échanges témoignent d’un effort plus large pour bâtir un modèle de financement de la santé plus autonome, capable de réduire la dépendance à l’égard de l’aide extérieure tout en préservant les investissements dans la santé publique et la productivité économique.




