(BFI) – À quelques mois du lancement des préparatifs du Hadj 2027, le gouvernement camerounais renforce les règles applicables aux agences et promoteurs privés chargés d’encadrer les pèlerins vers les lieux saints de l’islam. Dans un arrêté signé le 6 août 2026, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, fixe de nouvelles conditions pour l’obtention de l’agrément autorisant l’organisation du Hadj privé.
La principale évolution, inscrite dans l’arrêté signé de Paul Atanga Nji, concerne les garanties financières exigées des opérateurs. Les agences candidates devront désormais justifier d’un chiffre d’affaires annuel d’au moins 100 millions de FCFA et fournir une garantie financière de 10 millions de FCFA, délivrée par une banque agréée par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), l’organe supranational de régulation et de supervision des établissements de crédit, de microfinance et de paiement dans la Cemac. Cette caution devra être constituée deux mois avant le début de chaque saison du Hadj, précise l’arrêté ministériel.
À travers cette exigence, le gouvernement entend davantage sécuriser les engagements pris par les organisateurs vis-à-vis des pèlerins et des différents prestataires mobilisés pour le voyage. L’objectif est notamment de disposer d’opérateurs présentant une assise financière suffisante pour faire face aux obligations liées à l’hébergement, au transport, à la restauration et à la prise en charge des fidèles.
Hausse du coût du Hadj 2027
Le dispositif ne repose toutefois pas uniquement sur la capacité financière des candidats. L’arrêté renforce également les critères liés à l’expérience et aux compétences des promoteurs. Ceux-ci devront être de nationalité camerounaise, maîtriser l’arabe ou l’anglais et avoir une bonne connaissance des rites du Hadj. Surtout, ils devront avoir personnellement accompli le pèlerinage « au moins trois fois à la date du dépôt de dossier », peut-on lire dans le document. Cette condition marque une volonté de privilégier des opérateurs disposant d’une expérience directe du pèlerinage. La connaissance pratique des rites, mais aussi des contraintes logistiques liées au déplacement et au séjour des fidèles en Arabie saoudite, devient ainsi un critère déterminant pour accéder à l’organisation du Hadj privé.
Les exigences portent également sur les capacités opérationnelles des agences. Les candidats devront notamment disposer de locaux adaptés, d’équipements informatiques et d’un personnel permanent qualifié. Ils devront aussi présenter des précontrats couvrant les prestations essentielles, notamment le logement, la restauration et le transport des pèlerins. Le dispositif prévoit par ailleurs l’intégration d’un personnel médical chargé d’accompagner les fidèles durant leur séjour.
Ce nouveau cadre intervient dans un contexte où l’organisation du pèlerinage devient de plus en plus exigeante et coûteuse. Le 3 juin dernier, l’ambassadeur du Cameroun en Arabie saoudite, Iya Tidjani, avait annoncé une hausse du coût du Hadj pour l’édition 2027. Cette progression est notamment liée à l’évolution des tarifs des prestations en Arabie saoudite et aux nouvelles exigences entourant l’organisation du pèlerinage, apprend-on.
Pour l’édition 2026, le coût officiel du Hadj avait été fixé à 3 262 620 de FCFA, soit le même montant que l’année précédente. La hausse annoncée pour 2027 devrait donc intervenir dans un environnement où les opérateurs privés devront eux-mêmes mobiliser davantage de ressources pour satisfaire aux nouvelles conditions d’agrément.



