(BFI) – La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) s’apprête à injecter un montant prévisionnel global de 11,65 milliards de FCFA pour transformer son site de Bonabéri, à Douala, en un vaste hub logistique dédié au Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL). Ce projet d’envergure nationale vise à fluidifier massivement l’approvisionnement en gaz domestique vers l’intérieur du Cameroun en combinant pour la première fois les réseaux routier et ferroviaire.
Le budget prévisionnel se décompose en 11,234 milliards de FCFA pour la construction et 417,375 millions de FCFA pour l’assistance à la maîtrise d’ouvrage. Ces montants restent des estimations, les marchés n’ayant pas encore été attribués. L’élément central sera une nouvelle sphère de stockage, baptisée S8, d’une capacité nominale de 1 000 tonnes. Toutefois, le projet ne se limite pas au simple ajout de capacités de stockage de GPL.
L’appel d’offres international de la SCDP prévoit également une aire de chargement pour camions-citernes ainsi qu’une station de chargement ferroviaire capable de traiter six wagons-citernes simultanément. Une nouvelle station de pompage sera équipée de quatre pompes : trois en service et une en réserve. Le contrat englobe aussi les réseaux et collecteurs de GPL, les systèmes de sécurité industrielle, le génie civil, l’électricité, l’instrumentation, l’automatisation et la supervision des installations. L’entrepreneur sera chargé des essais, de la mise en service des installations et de la formation du personnel.
La capacité de stockage pourrait atteindre 5 500 tonnes
La sphère S8 marque une nouvelle étape dans l’extension du dépôt de Bonabéri. Avant les investissements lancés ces dernières années, le site disposait d’une capacité de stockage de GPL de 2 500 tonnes. La sphère S6, d’une capacité de 1 000 tonnes, a porté ce total à 3 500 tonnes. Achevée en novembre 2024, elle a été officiellement inaugurée le 21 août 2026. Une autre sphère de 1 000 tonnes, la S7, est en cours de développement. L’appel d’offres correspondant, lancé en mars 2025, estimait les coûts de construction à 8,705 milliards de FCFA (toutes taxes comprises). Le projet inclut également une nouvelle conduite de réception de GPL de 10 pouces ainsi que l’automatisation des sphères S1 à S5.
En juin 2025, le contrat d’assistance à la maîtrise d’ouvrage pour le projet S7 a été attribué au groupement PN Ingénierie-Africa Geoprojets pour un montant de 175,84 millions de Fcfa (toutes taxes comprises). Sur la base de la capacité annoncée pour chaque installation, le projet S7 porterait la capacité théorique de stockage de Bonabéri à 4 500 tonnes, tandis que le projet S8 la porterait à 5 500 tonnes. Par rapport aux 2 500 tonnes disponibles avant la réalisation du projet S6, cela représenterait une augmentation de 120 %, soit 2,2 fois la capacité initiale.
Toutefois, une récente communication de la SCDP suscite une certaine incertitude quant au calendrier pour atteindre ce niveau. L’entreprise indique qu’une septième sphère est en cours de construction « pour atteindre à terme 5 500 tonnes ». Les documents d’appel d’offres précisent que les projets S7 et S8 prévoient chacun une capacité de 1 000 tonnes. Dans ces conditions, atteindre le seuil de 5 500 tonnes nécessiterait la réalisation des deux sphères supplémentaires.
Intégration du rail au réseau de distribution
La station de chargement ferroviaire constitue l’un des principaux ajouts du projet S8. Le centre gazier de Bonabéri approvisionne l’ensemble du Cameroun en gaz butane. Jusqu’à présent, les améliorations apportées à ses capacités logistiques ont porté en partie sur l’augmentation du stockage et le renforcement des capacités de transport routier. Ces nouvelles installations permettraient à la SCDP d’accroître ses capacités d’expédition de GPL par voie ferroviaire. Plusieurs dépôts de l’intérieur du pays dépendent déjà du transport ferroviaire : le complexe de la SCDP à Yaoundé peut être approvisionné par la route et par le rail, tandis que le site de Bélabo dépend fortement du chemin de fer.
L’appel d’offres ne précise ni la capacité des wagons-citernes qui seront utilisés, ni le volume quotidien que la nouvelle station pourrait traiter. Il est donc impossible, pour l’heure, d’évaluer l’impact potentiel sur les coûts logistiques ou sur le nombre de camions-citernes nécessaires.
Un délai de construction de 30 mois
Le projet sera réalisé en un lot unique selon un modèle EPCCS, confiant à un même prestataire l’ingénierie, l’approvisionnement, la construction, la mise en service et l’assistance au démarrage. Le délai maximal d’exécution est fixé à 30 mois à compter de la notification de l’ordre de service. Les travaux devront composer avec une contrainte opérationnelle majeure : la construction devra se dérouler alors que le dépôt de GPL reste en activité. Le cahier des charges impose à l’entrepreneur de prendre en compte les opérations de dégazage et d’inertage, la simultanéité des activités, les raccordements aux installations existantes ainsi que les créneaux d’arrêt limités.
La SCDP exige également des soumissionnaires qu’ils intègrent dans leurs calendriers les délais de fabrication et d’approvisionnement des équipements critiques, notamment la sphère, les pompes, les systèmes de sécurité, les équipements d’automatisation et les dispositifs destinés aux atmosphères potentiellement explosives. Les décaissements prévus pour la seule phase de construction s’échelonnent de 2026 à 2029. Le montant le plus élevé, soit 4,669 milliards de Fcfa, est programmé pour 2027 et représente environ 41,6 % du budget de construction. La SCDP prévoit ensuite 2,786 milliards de Fcfa en 2028 et 1,395 milliard en 2029.
Les soumissionnaires doivent justifier d’une capacité financière d’au moins 3,4 milliards de Fcfa et fournir une garantie de soumission de 225 millions de Fcfa. Les offres techniques comptent pour 80 % de la note finale, contre 20 % pour les offres financières. Le volet « contenu local » représente à lui seul 10 points sur les 100 attribués lors de l’évaluation technique.
Date limite de dépôt des offres : 17 septembre
Le calendrier de passation du marché a été modifié depuis la publication de l’appel d’offres. La date limite de dépôt des offres, initialement fixée au 7 septembre, a d’abord été reportée au 15 octobre. La SCDP a par la suite publié un rectificatif fixant la nouvelle date limite au 17 septembre 2026, à midi. L’ouverture des dossiers administratifs et des offres techniques est prévue le même jour, à 13 heures.
Par conséquent, à la date du 11 septembre, aucun entrepreneur n’avait pu être sélectionné. Le montant de 11,65 milliards de Fcfa correspond au budget estimatif global incluant la construction et l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, et non à la valeur d’un contrat déjà signé.




