(BFI) – Le 29 octobre 2026, Coris Bank International a lancé officiellement au Tchad sa nouvelle fenêtre de finance islamique dénommée Coris Bank International Baraka Tchad. Objectif : Renforcer l’inclusion financière dans un pays où le taux de pénétration bancaire formelle reste très faible (environ 2,85 %), en ciblant à la fois les particuliers, les entreprises et les acteurs du secteur informel.
Cette initiative intervient près de 16 mois après le début des activités de la banque dans le pays et lui offre un levier supplémentaire pour atteindre une clientèle, sur un marché où l’accès au système bancaire formel demeure limité. Ce nouveau service proposera des produits financiers conformes aux principes de la finance islamique, en complément des services bancaires conventionnels de l’établissement. Il s’adresse tout particulièrement aux clients qui souhaitent effectuer leurs opérations bancaires dans le respect de ces principes.
Plutôt que de créer une entité distincte, Coris Bank International Tchad a fait le choix d’intégrer ce service bancaire islamique au sein de sa filiale existante. Selon le directeur général, Fidèle Toko, ce modèle impose une séparation stricte entre, d’une part, les fonds et les opérations liés à la banque conventionnelle et, d’autre part, ceux régis par les principes de la finance islamique. Le groupe Coris dispose déjà d’une expérience sur ce segment : sa marque « Coris Bank International Baraka » est présente dans neuf pays africains, où elle propose des services financiers islamiques. Le groupe entend s’appuyer sur cette expertise pour déployer son offre au Tchad.
Un marché à fort potentiel de croissance
Fidèle Toko souligne que le faible taux de bancarisation au Tchad — estimé à 2,85 % en 2026 — constitue l’une des raisons majeures du lancement de « Baraka ». Coris ambitionne notamment de toucher les populations exclues du système financier classique, y compris les acteurs du secteur informel, qui représente plus de 80 % des emplois dans le pays. Ce lancement intervient environ seize mois après le début officiel des activités bancaires de Coris au Tchad, le 18 juin 2025. Il permet d’élargir la gamme de services de la banque dans un pays où l’accès à un compte bancaire reste relativement restreint.
Les musulmans représentant environ 55 % de la population tchadienne (selon certaines estimations), la finance islamique pourrait contribuer à améliorer l’accès aux services financiers dans le pays. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a également souligné le potentiel de la finance islamique au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) dans ses rapports sur la conjoncture économique et financière de la région. La réglementation régissant ce secteur a été davantage précisée grâce à des mesures adoptées au niveau de la CEMAC en 2022.
D’autres banques proposent déjà des services de finance islamique Coris pénètre un marché où plusieurs banques proposent déjà des services financiers islamiques. La Banque commerciale du Chari (BCC), une institution tchadiano-libyenne, exploite un service bancaire islamique baptisé « Al Yousr ». La Commercial Bank Tchad (CBT) a également développé une offre de finance islamique et y a transféré certains clients, à leur demande. La Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) propose, quant à elle, des financements fondés sur des contrats de « mourabaha », une modalité de financement islamique.
Dans leur rapport de décembre 2023 intitulé « État de la finance islamique dans la zone UEMOA-CEMAC », Abdul Rahaman Fifen et Abbas Abdul Karim Chérif ont analysé le développement de la finance islamique dans la région, notamment au Tchad, au Cameroun et au Gabon.
Antoine Mboussi




