(BFI) – La Cameroon Oil Transportation Company (COTCO), société chargée de l’exploitation de la section camerounaise de l’oléoduc Tchad-Cameroun, a un nouveau président du conseil d’administration. Il s’agit de Mahamat Assouyouti, nommé à cette fonction à la suite de sa désignation, le 11 mai 2026, comme directeur général de la Tchad Petroleum Company (TPC), actionnaire représentant les intérêts de l’État tchadien dans le projet pétrolier.
Il succède à Alladoum Nandogongar à la tête du conseil d’administration de COTCO. Ingénieur financier de formation, Mahamat Assouyouti arrive à ce poste avec une expérience dans la finance publique, l’économie et le développement. Ancien ministre de l’Économie du Tchad, il cumule plus de vingt ans de carrière au sein d’institutions internationales et d’organisations panafricaines.
Sa nomination intervient dans un contexte stratégique pour COTCO. La société est engagée dans plusieurs projets destinés à sécuriser et moderniser le dispositif d’exportation du pétrole tchadien via le territoire camerounais. Parmi les dossiers prioritaires figurent l’acquisition d’un nouveau terminal maritime et le remplacement des bras de liaison du point d’ancrage offshore de Kome Kribi 1, infrastructure située au large de Kribi.
Une échéance critique autour de Kome Kribi 1
Mis en service il y a plus de vingt ans, Kome Kribi 1 constitue le point de sortie du pétrole brut tchadien exporté par l’oléoduc Tchad-Cameroun. Mais cette infrastructure arrive à une échéance critique. À partir d’avril 2028, elle ne pourra plus être exploitée dans les mêmes conditions, en raison des limitations imposées par les assureurs aux équipements de cette catégorie arrivé en fin de cycle. Face à cette contrainte, COTCO et les autorités tchadiennes travaillent depuis plusieurs mois à une solution de remplacement. L’enjeu est majeur pour la continuité des exportations pétrolières du Tchad. Avec une capacité de stockage de 2,3 millions de barils répartis dans 27 compartiments, le terminal Kome Kribi 1 est une pièce centrale du dispositif d’évacuation du brut tchadien, dont la production est estimée à environ 125 000 barils par jour.
Dans ce contexte, le profil financier de Mahamat Assouyouti pourrait constituer un atout pour accompagner la mobilisation des ressources nécessaires à ces investissements. Le nouveau président du conseil d’administration hérite ainsi d’un dossier aux implications économiques importantes pour le Tchad, mais aussi pour le Cameroun, pays de transit de l’oléoduc.
Un enjeu budgétaire aussi pour le Cameroun
Pour le Cameroun, le maintien de la performance de cette infrastructure présente un intérêt budgétaire direct. Selon les données consultées par Investir au Cameroun, le Trésor public camerounais a encaissé 15,1 milliards FCFA de droits de transit du pétrole tchadien entre janvier et mai 2026. Ces recettes proviennent de l’exploitation de l’oléoduc reliant les champs pétroliers tchadiens au terminal maritime de Kribi. Elles illustrent l’importance de cet ouvrage pour les finances publiques camerounaises et pour la coopération économique entre Yaoundé et N’Djamena.
La nouvelle gouvernance de COTCO devra donc gérer une double priorité : assurer la continuité opérationnelle du système d’exportation du brut tchadien et sécuriser les investissements nécessaires au renouvellement des équipements critiques. À moins de deux ans de l’échéance d’avril 2028, le dossier du terminal offshore apparaît comme l’un des principaux tests pour Mahamat Assouyouti à la tête du conseil d’administration de COTCO.



