(BFI) – Le Port Autonome de Kribi ne fait plus de promesses. Il aligne les résultats. Le mercredi 24 juin 2026, sous la présidence de Gilbert Didier EDoa, l’Assemblée générale ordinaire ( Ago) a examiné et approuvé sans réserve les comptes de l’exercice clos au 31 décembre 2025. Devant le président du conseil d’administration ( Pca) Betjol Hiol Charité De Bessombe et le directeur général, Patrice Barthélémy Melom, les administrateurs ont salué une gestion rigoureuse et des performances qui ancrent définitivement Kribi dans la cour des grands ports africains. Le quitus donné à la direction générale sonne comme une reconnaissance : celle d’un pilotage maîtrisé, d’une gouvernance transparente et d’une stratégie payante.
En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le bilan total du Pak s’établit à 194 847 915 397 Fcfa. A en croire son Top management, c’est la preuve d’une assise patrimoniale solide, bâtie en moins de huit ans d’exploitation. Ce qui est raisonnable car le port de kribi dispose d’un quais qui touche les 16 mètres de profondeur, des terminaux modernes, d’une zone industrialo-portuaire de 15 000 hectares. Les investisseurs remarquent que chaque actif inscrit au bilan est un levier de compétitivité pour l’économie nationale.
Le chiffre d’affaires 2025, lui, atteint 38 965 031 773 Fcfa. Ce volume traduit l’intensité de l’activité commerciale sur les quais de Mboro. Il faut le dire, Kribi diversifie ses flux et capte des parts de marché. Les navires de ligne directe Asie-Afrique accostent sans transbordement, réduisant de 15 à 20% les coûts logistiques pour les importateurs de la sous-région. Plus de 1100 escales enregistrées en 2025, 450 000 EVP manutentionnés, 12 millions de tonnes traitées : l’activité génère du cash et de la croissance.
Mais, à l’analyse du communiqué rendu public par la cellule de communication, le signal le plus fort reste la rentabilité. Le Pak dégage un résultat net de 4 017 849 660 Fcfa. Il prouve qu’il est possible de concilier mission de service public, investissements lourds et équilibre financier. C’est de bonne augure pour la ville balnéaire du Sud et l’économie locale, voire, régionale. Car le bénéfice engrangé n’ira pas dormir. Il financera la phase 2, avec deux nouveaux quais et un terminal vraquier, la digitalisation du passage portuaire et l’électrification des quais. L’ambition de Patrice Melom ici demeure la réduction du temps de passage sous 3 jours d’ici 2027 et atteindre 25 millions de tonnes à l’horizon 2030. L’Assemblée Générale l’a rappelé. »La Direction doit poursuivre les actions engagées sur la gouvernance et le développement des infrastructures pour améliorer encore les performances ».
Car derrière ces milliards, il y a des vies. Le complexe portuaire de Kribi génère aujourd’hui 15 000 emplois directs et indirects. Dockers, logisticiens, transitaires, ingénieurs, soudeurs, étudiants en stage : toute une ville vit au rythme du port. Plus de 40% du transit vers le Tchad et la Rca passe désormais par Kribi. Les corridors s’organisent, le guichet unique fluidifie, les industriels s’installent. Une cimenterie comme Cimpor, des unités de transformation de bois, une agro-industrie comme Cadys Group: la zone industrialo-portuaire transforme la matière première sur place et crée de la valeur ajoutée locale qui sert tous les camerounais.
Le verdict du 24 juin dernier est sans appel. Il exprime une réalité économique qui montre que le Pak est une machine à croissance. Le train de l’émergence part de Kribi, et il est déjà en marche. Cap sur la fin des travaux de la phase 2.



