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Selon Afreximbank, la hausse des prix du coton offre aux exportateurs africains de nouvelles perspectives pour accroître leurs revenus

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Ce rapport, intitulé « Coton : une reprise mondiale et une opportunité pour l’Afrique », identifie le coton comme l’une des matières premières agricoles les plus performantes au cours du premier semestre 2026. Le contrat à terme sur le coton pour livraison le mois suivant s’échangeait à environ 80,5 cents la livre en juillet, soit une hausse de 35 % par rapport au point bas enregistré en février. Cette reprise des prix marque une rupture avec la longue période de baisse amorcée en 2023. Cependant, les prix restent inférieurs aux sommets historiques atteints lors du supercycle des matières premières post-pandémie.

Plusieurs facteurs ont favorisé ce rebond. Tout d’abord, la production mondiale devrait diminuer après des récoltes exceptionnellement abondantes lors des campagnes 2024/25 et 2025/26. Le Département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) prévoit une baisse de la production mondiale de coton à 116 millions de balles en 2026/27, contre 122,7 millions de balles lors de la campagne précédente, soit une diminution de 5,5 %. Parallèlement, la consommation mondiale des usines textiles devrait augmenter pour atteindre environ 122 millions de balles en 2026/27. Ce déséquilibre devrait entraîner une demande supérieure à l’offre et ramener les stocks mondiaux de fin de campagne à leur plus bas niveau depuis la campagne 2018/19. La Chine demeure le principal moteur de la demande mondiale de fibres, même si les industries textiles en Inde, au Bangladesh, au Pakistan et au Vietnam continuent de se développer rapidement. La Chine représente à elle seule plus d’un tiers de la consommation mondiale des usines textiles.

L’USDA prévoit que la consommation des usines textiles chinoises atteindra 41,5 millions de balles en 2026/27, son niveau le plus élevé depuis 2010/11. La hausse de la consommation intérieure, la reconstitution des stocks et la résilience de la production textile devraient soutenir cette augmentation.

Au-delà des dynamiques traditionnelles de l’offre et de la demande, l’année 2026 a mis en évidence un lien plus étroit entre le coton et les marchés mondiaux de l’énergie. Le coton est en concurrence avec le polyester, un substitut majeur issu de dérivés du pétrole. Les prix du pétrole et du naphta influencent donc l’attractivité relative du coton.

Une transformation à plus forte valeur ajoutée pourrait stimuler la compétitivité à long terme

Historiquement, la croissance démographique, l’urbanisation et l’augmentation des revenus ont accru la demande mondiale de fibres. Cependant, les fibres synthétiques ont capté la majeure partie de cette croissance grâce aux progrès réalisés dans la production de polyester, aux nouvelles applications et à des coûts de production structurellement plus faibles qui ont renforcé leur position. Les fibres chimiques représentaient près de 80 % de la consommation mondiale de fibres en 2025, contre un peu plus de 20 % pour le coton. Toutefois, la hausse des prix de l’énergie en 2026, suite aux tensions autour du détroit d’Ormuz, a augmenté les coûts de production du polyester et amélioré temporairement la compétitivité du coton.

Le rapport souligne également la sécheresse dans la ceinture cotonnière américaine comme un autre facteur contribuant à la réduction des prévisions d’offre. Ces conditions de sécheresse ont diminué les rendements attendus et les prévisions d’exportation. Malgré quelques pluies en début d’été qui ont apporté un certain soulagement, l’état des cultures est resté inférieur aux moyennes historiques et la production américaine devrait baisser par rapport à la saison précédente.

D’autres grands exportateurs ont également dû revoir à la baisse leurs perspectives de production, même si l’Inde devrait maintenir une production stable. Le Brésil fait figure d’exception. Le Brésil a dépassé les États-Unis et est devenu le premier exportateur mondial de coton. Son agriculture commerciale à grande échelle, sa logistique optimisée et ses coûts de production compétitifs ont renforcé sa position. Le pays pourrait enregistrer un nouveau volume d’exportation record en 2026/27 et consolider davantage sa position sur le marché mondial.

Dans ce contexte, la hausse des prix du coton pourrait accroître les recettes d’exportation des producteurs africains. Cependant, la stagnation, voire le déclin, de la production dans les principaux pays producteurs comme le Tchad, le Cameroun et le Mali limite la capacité du continent à tirer pleinement parti de la reprise du marché. Les chocs climatiques, la hausse des coûts des intrants et les difficultés de productivité ont contraint la production et réduit les excédents exportables sur ces marchés. Les trois pays devraient produire environ 1,3 million de balles de coton cette saison, contre 1,9 million en 2021/22.

Malgré ces contraintes, le coton de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Mali, reste très recherché par les filateurs asiatiques en raison de sa qualité, de sa traçabilité et de son faible taux de contamination. Les producteurs africains font également face à une forte concurrence du Brésil. Ce pays d’Amérique du Sud bénéficie de volumes de production importants, d’infrastructures logistiques intégrées et de la capacité de garantir des expéditions importantes et fiables.

Afreximbank affirme que l’Afrique doit agir sur trois fronts pour rester compétitive à long terme : augmenter les rendements, améliorer l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement et développer les capacités de transformation locales. La banque souligne notamment l’importance des investissements dans la filature et la fabrication de textiles et de vêtements.

La zone industrielle de Glo-Djigbé au Bénin illustre cette stratégie. Ce pôle économique de 1 640 hectares pourrait faire passer la valeur générée par les exportations de coton béninoises d’environ 40 millions de dollars pour la fibre brute à près de 800 millions de dollars une fois la fibre transformée en vêtements finis.

Rédaction
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