(BFI) – À Abuja, l’ouverture du siège de la Banque africaine de l’énergie marque un tournant stratégique pour la souveraineté énergétique du continent, dans un contexte mondial où le financement des hydrocarbures devient un défi contraignant. Après des années de discussions et de gestations institutionnelles, la Banque Africaine de l’énergie (Bae) sort enfin du champ des intentions.
Portée par un plaidoyer offensif du ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, président de l’APPO (association des pays producteurs de pétrole africains), l’institution passe du projet politique à une réalité institutionnelle tangible.
Porté à la tête de cette organisation en novembre 2025, il vient de débuter son mandat avec la concrétisation d’un projet structurant, celui de l’opérationnalisation de la Banque africaine de l’énergie (Aeb/ Bae).
Lundi 2 février 2026, les dirigeants de l’organisation ont pu apprécier et valider les conclusions des comités mis en place pour réfléchir et coordonner le processus de mise en place effective de l’institution bancaire du secteur de l’énergie. L’ouverture officielle du siège de la Banque consacre l’entrée dans une phase concrète d’un projet pensé pour redonner au continent la maitrise de son financement énergétique, à l’heure où les flux internationaux se détournent massivement des hydrocarbures.
Porté par l’Appo, la banque n’est pas encore pleinement opérationnelle mais la réception de son siège, hébergé provisoirement au sein du nouveau bureau régional d’Afreximbank à Abuja, constitue un jalon institutionnel décisif. Pour la première fois, cette banque panafricaine dispose d’un centre névralgique à partir duquel s’organisera sa montée en puissance.
A l’ouverture des travaux, le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly s’est réjoui de la tenue de cette rencontre au Nigéria, dans la mesure où, dit-il, elle constitue une étape importante du processus d’opérationnalisation de la Banque africaine de l’Énergie (Aeb, sigle en anglais), un projet structurant pour les pays africains et particulièrement pour les pays membres de l’Appo. « La création de cette banque, en partenariat avec Afreximbank, est une belle ambition collective légitime qui s’inscrit dans la quête d’une souveraineté énergétique », se félicite Sangafowa-Coulibaly.
Un enthousiasme qui se justifie, car bien que le continent africain dispose d’un fort potentiel énergétique qui peinait à être mis en valeur au bénéfice des populations, en raison des difficultés multiformes dont les difficultés d’accès aux financements.
En accueillant le siège provisoire de la BAE, le Nigeria honore l’engagement pris lors de sa désignation comme pays hôte et confirme son leadership au sein du secteur énergétique africain. Cette solution transitoire précède la construction d’un siège définitif, prévue sur un terrain déjà octroyé par Abuja, signe d’un soutien politique appelé à s’inscrire dans la durée.
Paul Nkala




