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Le Cameroun et la Corée du Sud misent sur le numérique et le développement

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La rencontre a réuni des représentants d’une cinquantaine de pays africains, ainsi que des organisations régionales et continentales, autour des enjeux économiques, technologiques et géopolitiques qui redessinent les relations entre l’Afrique et ses partenaires. Pour la Corée du Sud, l’objectif est de renforcer sa présence sur un continent désormais stratégique, à la fois pour les chaînes de valeur, les ressources, les marchés et les coopérations technologiques.

Pour le Cameroun, cette séquence diplomatique a surtout permis de remettre en avant les priorités de la Stratégie nationale de développement 2030. Selon le ministère des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella a souligné la qualité de la coopération bilatérale camerouno-coréenne et invité la partie sud-coréenne à renforcer son accompagnement dans l’intelligence artificielle, la transformation numérique et l’agriculture.

Ces domaines correspondent aux besoins de modernisation de l’économie camerounaise, confrontée à la nécessité d’améliorer la productivité, de digitaliser l’administration, de renforcer les services publics et de soutenir la transformation locale. La Corée du Sud, dont le modèle de développement repose largement sur l’industrialisation, l’innovation et les technologies, apparaît comme un partenaire recherché pour accompagner cette transition.

Une relation ancienne, élargie à plusieurs secteurs

Les relations diplomatiques entre le Cameroun et la Corée du Sud remontent à 1961. Depuis, la coopération s’est progressivement élargie à la santé, aux infrastructures, au numérique, à la formation et aux échanges institutionnels.

Dans le secteur sanitaire, elle s’est notamment traduite par la construction du Centre des urgences de Yaoundé et de l’hôpital général de Garoua, financé avec l’appui d’Exim Bank de Corée. L’hôpital de Garoua est l’un des projets emblématiques de cette coopération, avec un investissement présenté à près de 42 milliards de FCFA.

Au-delà de la santé, Séoul a également accompagné des initiatives liées à la modernisation des procédures douanières, à la digitalisation de certains services publics et à la formation de jeunes Camerounais dans les technologies de pointe. Ces projets donnent à la coopération camerouno-coréenne une dimension plus technique, dans un contexte où Yaoundé cherche à accélérer sa transformation numérique.

Une mobilité institutionnelle facilitée

Les échanges humains restent encore limités. En 2025, le ministre des Relations extérieures indiquait à l’Assemblée nationale qu’environ 200 Camerounais vivaient en Corée du Sud, contre une cinquantaine de ressortissants sud-coréens établis au Cameroun, principalement dans le cadre de missions diplomatiques et techniques.

L’accord d’exemption réciproque de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques, officiels ou de service, signé le 2 juin 2024 et ratifié en mai 2025, vise à fluidifier les déplacements officiels entre les deux pays. Il ne concerne donc pas la mobilité générale des citoyens, mais il peut faciliter les échanges institutionnels, les missions techniques et le suivi des projets de coopération.

Un partenariat appelé à se renforcer

La réunion de Séoul s’est conclue par une déclaration conjointe ouvrant la voie à un approfondissement du partenariat Corée-Afrique, avec la perspective d’un nouveau sommet en 2029. Pour le Cameroun, cette dynamique offre une opportunité : transformer une relation diplomatique ancienne en partenariat plus ciblé sur les priorités économiques du pays.

L’enjeu sera désormais de passer des intentions aux projets concrets. Dans l’intelligence artificielle, le numérique, l’agriculture ou la santé, Yaoundé devra identifier des programmes précis, mobiliser les financements et s’assurer que la coopération avec Séoul contribue effectivement à la mise en œuvre de la SND30. À cette condition, le partenariat camerouno-coréen pourra jouer un rôle plus visible dans la transformation économique et technologique du pays.

Rédaction
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