(BFI) – Le Cameroun veut davantage s’appuyer sur les outils mobiles pour faciliter l’accès aux ressources universitaires. Quarante iPad ont été remis à sept universités publiques à l’issue d’un atelier consacré à l’intégration de l’apprentissage mobile dans l’enseignement, organisé du 4 au 6 août 2026 à Yaoundé dans le cadre de l’Université virtuelle et électronique panafricaine (Paveu).
Offerts par l’UNESCO, les équipements ont été distribués aux universités de Maroua (Extrême-Nord), Ngaoundéré (Adamaoua), Bertoua (Est), Bamenda (Nord-Ouest), Buéa (Sud-Ouest), Yaoundé I (Centre) et Ebolowa (Sud). Au-delà de cette dotation, l’enjeu est de mesurer la capacité du numérique à rapprocher les étudiants des ressources pédagogiques, notamment dans les zones où l’offre universitaire reste moins développée.
L’intérêt de l’opération ne tient toutefois pas au nombre de tablettes distribuées. Leur impact dépendra surtout de la manière dont elles seront intégrées aux pratiques pédagogiques. Avec l’apprentissage mobile, une partie du cours peut sortir de l’amphithéâtre : consulter un support à distance, reprendre une notion, accéder à des documents complémentaires ou poursuivre un travail depuis un téléphone ou une tablette. Les enseignants peuvent également s’en servir pour partager des contenus, proposer des exercices et maintenir les échanges avec leurs étudiants en dehors des heures de cours.
Cette évolution peut être particulièrement utile dans un pays où les universités sont implantées dans plusieurs régions et où les ressources académiques ne sont pas toujours accessibles dans les mêmes conditions. Un étudiant de Maroua ou de Bertoua ne dispose pas nécessairement des mêmes ressources documentaires ou technologiques qu’un étudiant d’un campus mieux équipé. Le numérique peut contribuer à réduire ces écarts, à condition que les enseignants maîtrisent eux-mêmes ces nouveaux outils. Le renforcement de leurs compétences constituait justement l’un des objectifs de l’atelier organisé à Yaoundé.
Accroître les capacités de formation
Mais l’équipement ne suffit pas. La qualité de la connexion Internet, la disponibilité de contenus adaptés et la capacité des enseignants à concevoir des cours pour les supports numériques seront déterminantes. Le coût de l’accès à Internet représente également un enjeu : si les étudiants les plus modestes ne peuvent utiliser régulièrement les plateformes et ressources en ligne, le numérique risque de reproduire les inégalités qu’il est censé atténuer.
Cette problématique rejoint les ambitions de la Paveu, initiative de l’Union africaine (UA) visant à développer l’enseignement ouvert, à distance et en ligne sur le continent. Le dispositif entend élargir l’accès à l’enseignement supérieur et à la formation continue, indépendamment du lieu de résidence des apprenants. Son principe avait été approuvé en 2017 par le Comité technique spécialisé de l’UA chargé de l’éducation, de la science et de la technologie, puis validé par le Sommet de l’organisation en janvier 2018.
Hébergée à Yaoundé, au siège du rectorat de l’Université panafricaine, la Paveu cible notamment les populations rurales, les zones urbaines défavorisées et les professionnels souhaitant poursuivre leur formation sans interrompre leur activité. Financé par le gouvernement japonais et mis en œuvre avec l’appui de l’Unesco, à travers l’Institut international pour le renforcement des capacités en Afrique (IICBA, sigle en anglais), le projet concerne cinq pays africains, dont le Cameroun. Il répond à une difficulté commune au continent : accroître les capacités de formation alors que les besoins en compétences progressent plus rapidement que les capacités des universités traditionnelles.
Pour le Cameroun, l’expérience pourrait progressivement modifier le rapport à l’université. Les cours et les ressources seraient moins dépendants de la présence physique de l’étudiant sur un campus. Le véritable test ne sera donc pas le nombre de tablettes distribuées, mais leur capacité à rendre les ressources plus accessibles et à permettre aux étudiants d’apprendre au-delà des murs de leur université.
Omer Kamga



