(BFI) – L’armateur danois Maersk a officiellement inauguré son nouveau dépôt de conteneurs à Kribi, au Cameroun, d’une capacité de 1 500 EVP (Équivalent Vingt Pieds). Cette nouvelle infrastructure terrestre s’étend sur une superficie de 16 000 m² et vise à fluidifier les opérations logistiques autour du port en eaux profondes de la ville.
L’ouverture d’un dépôt de conteneurs par Maersk à Kribi marque une nouvelle étape dans le déploiement terrestre du groupe scandinave au Cameroun. Mis en service le 21 septembre 2026, le site s’étend sur 16 000 m² et peut accueillir 1 500 EVP à un instant donné. Il centralise le stockage, la manutention, les inspections et les formalités douanières, tout en mettant à disposition des chargeurs différents types d’équipements. Des prises pour conteneurs frigorifiques y ont été installées afin de préserver la chaîne du froid des marchandises sensibles, notamment agroalimentaires.
Le dispositif s’inscrit dans une logique de proximité immédiate avec le terminal portuaire. Les clients peuvent y restituer leurs conteneurs vides et suivre en temps réel leurs équipements grâce aux outils numériques de réservation et de traçabilité du groupe. Franck Dedenis, directeur général de Maersk pour l’Afrique de l’Ouest, souligne que l’installation pourra également offrir une capacité tampon lorsque les entrepôts des chargeurs saturent. L’armateur avance surtout un argument financier : la réduction de l’exposition aux frais de détention et de surestaries, ces pénalités appliquées lorsque les boîtes restent immobilisées au-delà des franchises contractuelles.
Un dépôt calibré pour la montée en puissance du port de Kribi
L’ouverture coïncide avec la nouvelle trajectoire de croissance du port en eaux profondes de Kribi. Selon le Port autonome de Kribi (PAK), la plateforme a manutentionné 555 398 EVP en 2025, captant 37,5 % du trafic conteneurisé national. Le trafic global a atteint 12,7 millions de tonnes, en progression de 19 % sur un an. Cette dynamique tient largement à l’entrée en service, le 9 mai 2025, de la phase II du terminal à conteneurs. Réalisée pour 793 millions de dollars, l’extension a ajouté 715 mètres linéaires de quai et une plateforme de 51 hectares, portant la capacité annuelle du terminal à environ 1,2 million d’EVP.
Cette montée en cadence appelle mécaniquement un développement des services terrestres périphériques : stockage temporaire, repositionnement des conteneurs vides, mise à disposition rapide des équipements pour les exportateurs. Le nouveau dépôt de Maersk se positionne précisément comme une interface entre le terminal, les transporteurs routiers, les entrepôts intérieurs et les propriétaires de marchandises. La capacité affichée de 1 500 EVP correspond au stock instantané, et non à un flux annuel comparable à celui du terminal portuaire.
Une brique complémentaire à l’entrepôt de Douala
L’investissement prolonge la stratégie foncière de l’armateur danois dans le pays. En septembre 2023, Maersk avait inauguré dans la zone portuaire de Douala un entrepôt et centre de distribution également étalé sur 16 000 m², dont plus de 12 000 m² couverts et plus de 8 000 emplacements de palettes. Les deux sites, de même emprise, remplissent néanmoins des fonctions distinctes. Douala se concentre sur l’entreposage, le dégroupage, la distribution finale et la préparation de commandes, tandis que Kribi est adossé à la gestion des conteneurs et à leur interconnexion avec les flux maritimes.
Un maillage régional élargi à dix pays
Avec l’ajout de Kribi, Maersk exploite désormais huit dépôts en propre dans son réseau ouest et centre-africain, en complément d’une vingtaine d’installations opérées par des partenaires. La superficie cumulée des sites détenus en propre passe de 150 000 à 166 000 m², soit une hausse arithmétique de 10,7 %. Le groupe couvre ainsi dix pays de la sous-région avec une offre intégrée mêlant transport maritime, manutention terrestre et logistique contractuelle.
Reste une zone d’ombre significative. Le transporteur ne communique ni sur le coût de construction et d’équipement du dépôt, ni sur son mode de financement, ni sur les emplois générés localement. Les tarifs, les volumes annuels attendus et l’ampleur des économies promises aux chargeurs demeurent également confidentiels. En l’absence de ces indicateurs, il reste malaisé d’évaluer l’empreinte financière réelle de l’investissement et son impact tangible sur la compétitivité du corridor Kribi.
Omer Kamga




