(BFI) – L’ouverture du secteur des assurances aux capitaux étrangers s’inscrit dans le cadre des réformes économiques libérales engagées par le Premier ministre Abiy Ahmed depuis 2018, pour faire passer l’économie d’un modèle dominé par l’État à une croissance tirée par le secteur privé.
La Banque centrale éthiopienne a publié, fin avril 2026, un projet de loi qui ouvre le secteur des assurances aux investisseurs étrangers, donnant ainsi un nouvel élan à la politique de libéralisation de l’économie dans ce pays de 120 millions d’habitants.
Intitulé « Draft Insurance Proclamation », le texte précise que les assureurs étrangers seront autorisés à créer des filiales détenues en totalité ou en partie, à acquérir des participations dans des entreprises locales ou à ouvrir des bureaux de représentation.
Toutefois, des garde-fous ont été introduits pour protéger les intérêts nationaux : les investisseurs stratégiques étrangers ne pourront détenir plus de 40 % du capital d’un assureur éthiopien déjà établi. Les participations des autres catégories d’investisseurs étrangers devraient également être plafonnées, tandis que la participation étrangère combinée, incluant les ressortissants étrangers et les entités éthiopiennes détenues par des étrangers, dans des compagnies d’assurances locales ne peut pas dépasser 49 %.
Le projet de loi élaboré par la National Bank of Ethiopia (NBE) stipule d’autre part que les investissements étrangers dans le secteur devront être réalisés conformément au cadre réglementaire des investissements directs étrangers, notamment en devises. Les revenus, y compris les dividendes, les salaires et le produit de la vente d’actions ou de la liquidation, peuvent être rapatriés conformément aux directives réglementaires en vigueur.
L’Autorité éthiopienne de régulation des assurances (EIRA) peut par ailleurs imposer des conditions supplémentaires concernant l’octroi et le renouvellement des licences ainsi que les investissements étrangers, et limiter le nombre de filiales d’assureurs étrangers. Elle peut aussi fixer des exigences minimales en matière de capital, des normes de gouvernance et des « critères d’aptitude et d’honorabilité » pour les administrateurs, les cadres supérieurs et les fonctions clés de contrôle.
Un taux de pénétration à 0,3 % du PIB
Le secteur des assurances éthiopien compte une vingtaine de compagnies d’assurances et un seul réassureur. Le taux de pénétration de l’assurance stagne depuis plusieurs années à environ 0,3 % du PIB, bien en dessous des moyennes observées à l’échelle africaine et mondiale.
Si les acteurs nationaux ont enregistré une croissance notable des primes ces dernières années, l’absence de concurrence a contribué à limiter l’innovation, à restreindre l’offre de produits et à contraindre les capacités de couverture des risques majeurs dans des domaines tels que l’agriculture, les infrastructures et la résilience climatique.
Pour rappel, le Parlement éthiopien a récemment adopté une loi ouvrant le secteur bancaire aux investisseurs étrangers. Le texte autorise les banques étrangères à pénétrer le marché éthiopien par la création de filiales, l’ouverture de bureaux de représentation ou l’acquisition de parts dans des banques locales dans une limite de 49 % des actions.
L’ouverture des secteurs de la banque et des assurances aux capitaux étrangers se situe dans le cadre des réformes libérales engagées par le Premier ministre Abiy Ahmed depuis 2018 pour attirer les investissements étrangers, réduire le poids de l’Etat dans l’économie et favoriser une croissance tirée par le secteur privé dans le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique après le Nigeria.
Ces réformes incluent également la libéralisation progressive du taux de change, l’ouverture d’une bourse de valeurs mobilières, l’assouplissement des restrictions de change dans certaines zones économiques spéciales et la libéralisation du secteur des télécommunications.




