« Les logements de la SIC loués à 50 000 FCFA par mois sont pour le standing équivalent loués par les privés à 200 000 FCFA » Ahmadou Sardouna, DG de la SIC

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Ahmadou Sardaouna
Ahmadou Sardaouna, directeur général de la Société Immobilière du Cameroun (SIC)

(BFI) – Selon Ahmadou Sardaouna, le directeur général de la Société immobilière du Cameroun (SIC), qui s’est confié au Quotidien à capitaux publics, Cameroon Tribune, cette société d’Etat cumule un manque-à-gagner global de 60 milliards de FCFA, du fait de la pratique des loyers modestes. « Les logements de la SIC loués à 50 000 FCFA par mois sont pour le standing équivalent loués par les privés à 200 000 FCFA », affirme-t-il.

Face à l’importance du manque-à-gagner ainsi enregistré par cette entreprise publique, « des pourparlers ont été engagés entre l’Etat et la SIC, pour le paiement d’au moins 50% de ce montant », révèle Ahmadou Sardaouna. En attendant l’aboutissement des discussions évoquées par le DG, la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), elle, soutient que les loyers bas pratiqués par la SIC plombent le développement de cette entreprise.

D’ailleurs, cet organisme spécialisé du ministère des Finances plaide implicitement pour une revalorisation desdits loyers. « Le rétablissement par l’Etat des niveaux des prix des loyers actuels, qui ont été bloqués depuis 1994, à un niveau qui permette à la fois d’assurer la disponibilité des logements sociaux et la rentabilité à la SIC, apparait comme une réponse de long terme au financement de son développement », soutient la CTR. 

Pour rappel, officiellement, au 31 décembre 2019, la SIC dispose d’un parc immobilier constitué de 5 329 logements, dont quatre logements en location-vente, 4 598 logements en location simple privée, 257 logements affectés au ministère des Domaines et des Affaires foncières, 427 logements pour le ministère de la Défense, 28 logements à usage SIC et 15 logements sinistrés. Ce parc immobilier a connu une diminution de 26 logements par rapport à 2018, apprend-on.

Du logement social au haut standing

L’exploitation de ces logements, souligne la CTR dans son rapport 2019 sur les entreprises publiques, a permis de générer un chiffre d’affaires de 3,7 milliards de FCFA en 2019, contre un peu plus de 3 milliards de FCFA seulement un an auparavant. Ceci, pour un résultat net bénéficiaire d’un peu plus de 701 millions de FCFA au terme de l’exercice 2019, contre des résultats déficitaires de plus de 4 milliards et 3,6 milliards de FCFA, respectivement en 2018 et 2017.

Créée en 1952 pour promouvoir l’habitat social dans le pays, la SIC n’a pu construire qu’à peine 11 000 logements (le déficit en logement au Cameroun est estimé à environ 2,5 millions de maisons) de nos jours, dont seulement la moitié demeure dans son parc immobilier, tandis que l’autre moitié a été vendue aux particuliers, selon la formule location-vente.

Bien plus, poursuivant désormais l’objectif de rentabilité, seul moyen de survie de l’entreprise après la réduction des subventions et la signature d’un contrat de performance avec l’Etat du Cameroun, qui détient 86% du capital de cette entreprise (contre 5% pour la Société de recouvrement des créances, 5% pour la Communauté urbaine de Douala, et 4% pour des investisseurs privés), la SIC s’est depuis quelques années détournée de l’investissement dans l’habitat social, au profit des projets dans le logement haut-standing.

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