Les échanges commerciaux sur les corridors Douala-Ndjamena et Douala-Bangui s’effondrent à cause de la crise sanitaire

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Echange commerciaux

(BFI) – La décision des autorités camerounaises de maintenir les échanges avec les autres pays de la Cemac, en dépit de la fermeture des frontières décidée dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, ne semble pas avoir empêché l’effondrement des flux commerciaux sur les corridors desservant le Tchad et la RCA.

En effet, de sources douanières, citées dans un reportage diffusé par la télévision publique camerounaise, l’on apprend que les flux commerciaux sur les corridors Douala-Ndjamena et Douala-Bangui ont chuté de 80% au cours du mois de mars 2020, par rapport à la même période en 2019.

Cette chute des flux est d’autant plus compréhensible que le trafic sur ces deux corridors est principalement le fait des importations tchadiennes et centrafricaines, qui transitent par le port de Douala, la capitale économique camerounaise. Ces marchandises proviennent cependant des pays étrangers, dont les frontières sont également fermées depuis plusieurs semaines, à cause de la crise du coronavirus.

En 2013, la douane camerounaise pointait 340 milliards FCFA de marchandises tchadiennes en transit au Cameroun chaque année, contre 55 milliards FCFA de marchandises centrafricaines.

Crise pétrolière, tracasseries…

Mais, avant l’arrivée de la crise du coronavirus, cette donne avait déjà beaucoup changé. A cause non seulement du ralentissement de l’activité économique au Tchad, depuis la chute des cours du pétrole brut de 2015, mais aussi l’insécurité en RCA, déclenchée par la chute du président François Bozizé en 2013.

A ceci, il faut ajouter les tracasseries policières et administratives sur les corridors. Celles-ci ont contraint de nombreux opérateurs économiques à détourner leurs marchandises du port de Douala, au profit des ports béninois et soudanais, selon les analyses faites par les responsables du port de Douala.

En conséquence, depuis l’année 2014, le volume de marchandises circulant sur les corridors au Cameroun a été réduit de 600 000 tonnes, causant aux acteurs portuaires et aux transporteurs une perte sèche estimée à près de 200 milliards FCFA. Ces chiffres ont été révélés le 11 juillet 2018 à Douala par Cyrus Ngo’o, le directeur général du Port autonome de Douala (PAD). C’était au cours d’un séminaire de trois jours sur la mise en œuvre des recommandations du 2e forum tripartite Cameroun-Tchad-RCA sur les questions portuaires.

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