L’économie camerounaise soutenue par les banques locales

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(BFI) – Entre janvier et juillet 2020, les banques en activité au Cameroun ont accordé des crédits d’une valeur de 3 462,3 milliards de Fcfa aux entreprises. D’après les données publiées par l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (Apeccam) dans son magazine « Banques du Cameroun », édition de septembre à novembre 2020, c’est plus de la moitié des 7 785,1 milliards de Fcfa accordés par la sous-région CEMAC. « Ce chiffre, en hausse de 3,1% par rapport à la même période en 2019, dénote leur engagement permanent et leur volonté d’apporter davantage un soutien conséquent à l’économie. En outre, la hausse des taux est aussi révélatrice de l’engagement des banques. De 7,70% en 2018, ils sont passés en 2019, à 7,97%, soit une hausse de 0,27 point », explique Alphonse Nafack, le président de l’Apeccam.

Derrière cette progression, il y a également la maturité des prêts accordés. Les crédits de moyen et de longs termes ont cru respectivement de 8,2% et 8,1% dans la même période. Cette performance doit être apprécié en tenant compte de la conjoncture morose actuelle, celle de la récession envisagée en zone CEMAC cette année par la banque centrale. En effet, la pandémie de coronavirus qui sévit au Cameroun depuis le mois de mars dernier, s’est mutée en crise économique, freinant la production dans les entreprises, principales clientes des banques. « La pandémie de la Covid-19 a porté à l’économie nationale son coup le plus sévère depuis plusieurs décennies, provoquant la plus grande vague de récession que le Cameroun ait connu depuis le début des années 2000 », fait d’ailleurs observer à ce propos, le patron de l’Apeccam.

Jusqu’ici principales pourvoyeuses de fonds aux entreprises et même à l’Etat (via le marché monétaire notamment), les banques implantées au Cameroun ont assuré la continuité du service, soutenues en amont par le régulateur et la banque centrale. La stratégie déployée jusqu’ici intègre aussi des pauses dans le remboursement des crédits consentis, avec un report d’échéances. S’il est certain que la crise ne sera pas sans effet sur le bilan de ces établissements de crédit, les mesures d’assouplissement actionnées en leur faveur devraient réduire considérablement ce risque.

Dans le cadre du pilotage de sa politique monétaire par exemple, la BEAC a décidé en mars dernier d’abaisser de 25 points de base son taux d’intérêt des appels d’offres (3,25%), un des éléments de calcul du coût du crédit par les banques commerciales. A côté de cela, une autre décision prise fin juillet, par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), qui elle, a agi sur la règlementation prudentielle. La baisse (de 2,5% à 1,5%) du ratio de conservation des fonds propres ou encore le taux de couverture des crédits par les ressources disponibles offre aux banques une plus grande marge de manœuvre dans la prise de risques.

André Noir

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