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Le projet d’interconnexion électrique Cameroun-Tchad reporté à 2029

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La Banque africaine de développement (BAD) continue toutefois d’indiquer le 31 décembre 2027 comme date d’achèvement prévue pour les deux volets du projet d’interconnexion électrique Cameroun-Tchad (PIRECT). Le projet a été approuvé le 15 décembre 2017. L’accord relatif au volet tchadien a été signé le 7 mars 2018, tandis que celui du volet camerounais l’a été le 3 avril 2020. Les deux volets sont toujours considérés comme étant en cours de réalisation.

Des contrats de 21 mois restent à attribuer au Tchad

Un appel d’offres lancé par TchadElec le 20 août et publié par la BAD le 3 septembre 2026 accorde aux soumissionnaires un délai jusqu’au 3 novembre pour déposer leurs offres. Le premier lot porte sur environ 13 kilomètres de ligne de transport à 225 kV entre la frontière camerounaise, près de Kousséri, et Gassi, suivis d’un tronçon d’environ 145 kilomètres entre Gassi et Guélendeng. Le second lot concerne la construction du poste électrique 225 kV de Guélendeng. Ces deux contrats prévoient un délai d’exécution de 21 mois.

Même en supposant que ce délai de 21 mois commence immédiatement après la clôture des offres le 3 novembre 2026, les travaux ne s’achèveraient qu’en août 2028, soit huit mois après l’échéance actuelle fixée par la BAD. Le calendrier réel sera plus long. Une fois les offres déposées, il faudra encore procéder à leur évaluation, attribuer les contrats et engager formellement les entreprises avant que la construction ne puisse débuter. L’échéance d’août 2028 ne constitue donc pas une nouvelle date de mise en service prévue ; elle démontre simplement que l’échéance actuelle de décembre 2027 est d’ores et déjà incompatible avec le calendrier de passation des marchés.

Par ailleurs, cet appel d’offres ne couvre pas l’ensemble des infrastructures prévues au Tchad. Le périmètre actuel du PIRECT englobe 238 kilomètres de lignes de transport d’électricité de 225 kV côté tchadien, contre environ 158 kilomètres couverts par l’appel d’offres d’août. Cela laisse quelque 80 kilomètres en dehors du processus d’acquisition en cours. Les infrastructures prévues à Gassi et Bongor ne sont pas non plus entièrement couvertes par les deux lots faisant actuellement l’objet d’un appel d’offres. La procédure ne permet donc pas, à elle seule, de fixer une nouvelle date d’achèvement pour le volet tchadien.

Les délais contractuels au Cameroun s’étendent déjà jusqu’en 2029

L’écart est encore plus marqué au Cameroun. Les 12 et 13 août 2026, la BAD a publié des appels d’offres lancés par la société de transport d’électricité Sonatrel pour des lignes à haute tension et des postes électriques, dans le cadre de la première phase de l’interconnexion. Les appels d’offres pour les lignes de transport portent sur 419,6 kilomètres : 227 kilomètres entre Wouro-Soua et Garoua 2, 10,6 kilomètres de raccordements autour de Garoua 2, 180 kilomètres entre Maroua et Kousséri, et deux kilomètres entre Kousséri et la frontière tchadienne.

La date limite de dépôt des offres pour les lignes de transport est fixée au 19 novembre 2026, tandis que celle pour les postes électriques est au 18 novembre. Selon des documents de la Sonatrel, la durée des travaux est de 34 mois à compter de la signature des contrats. Même en partant de l’hypothèse irréaliste selon laquelle ces 34 mois débuteraient dès la clôture des appels d’offres en novembre 2026, les travaux se poursuivraient jusqu’en septembre 2029, soit près de deux ans au-delà de l’échéance actuelle fixée par la BAD. L’évaluation des offres, l’attribution des marchés et la contractualisation repousseront nécessairement la date de démarrage effective au-delà du mois de novembre.

D’autres infrastructures restent à mettre en appel d’offres

Les contrats actuellement ouverts aux soumissions ne couvrent également qu’une partie des infrastructures transfrontalières prévues. Le site officiel du PIRECT indique que le projet comprend environ 804 kilomètres de lignes de transport de 225 kV — dont 566 kilomètres au Cameroun et 238 kilomètres au Tchad — devant être réalisés en deux phases. Les 419,6 kilomètres faisant actuellement l’objet d’une procédure d’acquisition au Cameroun laissent donc 146,4 kilomètres en dehors de ce premier processus d’appel d’offres.

Le programme prévoit également la construction de cinq nouveaux postes électriques de 225 kV — Garoua, Kousséri et Yagoua au Cameroun, ainsi que Bongor et Guélendeng au Tchad — ainsi que l’extension des postes existants de Wouro-Soua, Maroua et Gassi. L’interconnexion ne pourra être pleinement opérationnelle qu’une fois les infrastructures nécessaires disponibles de part et d’autre de la frontière. Par conséquent, les délais d’exécution associés aux contrats lancés en 2026 suffisent d’ores et déjà à exclure un achèvement complet d’ici au 31 décembre 2027 selon le calendrier actuel.

Aucune date officielle révisée d’achèvement ou de mise en service n’a été publiée dans les sources consultées. La durée finale du retard dépendra des dates d’attribution des contrats et de début des travaux, ainsi que du calendrier de réalisation des infrastructures qui n’ont pas encore fait l’objet d’appels d’offres.

Rémy Ngassana

Rédaction
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