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Le groupe français Somdiaa prépare son retrait de la Sosucam en mettant en vente 82% du capital

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Cette question a été au centre d’une séance de travail présidé par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute. « Avec plus de 82% de l’actionnariat, le partenaire Somdiaa devrait assurer la campagne sucrière 2026-2027 avant toute cession de ses parts à un tiers. Par ailleurs, j’ai demandé aux membres du gouvernement concernés de préserver le dialogue social et de sauvegarder les emplois existants ainsi que l’outil de production de la Sosucam », a déclaré le chef du gouvernement.

Les autorités ont ainsi obtenu que Somdiaa demeure impliqué dans l’exploitation de l’entreprise jusqu’à l’achèvement de la prochaine campagne sucrière prévu entre novembre 2026 et Mai 2027. Cette période doit permettre d’organiser la recherche d’un repreneur tout en garantissant la continuité de la production. « Nous avons travaillé avec le gouvernement, sous la conduite du Premier ministre, sur les dispositions à mettre en place pour assurer la relance de la prochaine campagne sucrière de la Sosucam. Nous voulons garantir de bonnes performances et un climat social apaisé afin que la campagne se déroule dans de meilleures conditions » a déclaré Olivier Parent, Président Directeur général de Somdiaa.

Une cession sous surveillance de l’Etat

Le retrait du groupe français intervient dans un secteur que les autorités camerounaises considèrent comme stratégique. La Sosucam assure l’essentiel de la production nationale de sucre dans un pays où la demande annuelle est estimée à environ 300.000 tonnes, tandis que la production locale oscille généralement entre 120.000 et 160.000 tonnes. Ce déficit structurel est comblé par des importations autorisées par l’Etat.

Dans ce contexte, le gouvernement entend suivre de près le processus de cession. « Le marché du sucre est un marché particulièrement sensible, et par conséquent, protégé. Le gouvernement se félicite de ce que le groupe Somdiaa, dans la perspective d’une éventuelle cession d’actifs dans le capital de la Sosucam, ait accepté d’ouvrir les échanges avec les pouvoirs publics. C’est désormais chose faite. Ce que je peux dire, c’est qu’en l’état, les instructions du Premier ministre sont claires après consultation des parties prenantes ; une transition ne peut pas se faire de manière précipité » a expliqué le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana. Le ministre a aussi rappelé que l’entreprise emploie près de 9000 personnes et compte parmi ses actionnaires, l’Etat du Cameroun à travers la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) et la Société nationale d’investissements (SNI) ainsi que plusieurs banques commerciales et investisseurs privés.

Afin de superviser l’action, le Premier ministre a ordonné la mise en place d’un comité stratégique chargé « d’encadrer, d’évaluer et de suivre » le processus de cession. Cette instance disposera d’un délai de six mois pour remettre ses conclusions. A ce stade, aucune information n’a été communiquée sur la valorisation de la participation mise en vente, le calendrier de l’opération et l’identité d’éventuels candidats à la reprise.

Cette annonce intervient alors même que la Sosucam continue de déployer des investissements industriels. L’entreprise a récemment mis en service, sur son site de Nkoteng, une unité de production de sucre en morceau financé sur fonds propre à hauteur de 2,5 milliards de Fcfa. Présenté aux autorités administratives en avril dernier, cette installation dispose d’une capacité de 100 tonnes par jour.

Le retrait de Somdiaa intervient également dans un contexte marqué par les débats récurrents sur l’approvisionnement du marché camerounais en sucre. Selon les chiffres officiels, le Cameroun a importé 208 443 tonnes de sucre raffinés en 2025 pour uen facture de 69,3 milliards de Fcfa. Quelques mois avant, la Sosucam avait pourtant soutenu auprès du ministère du Commerce que la production disponible sur le marché national permettait de couvrir les besoins du pays et avait demandé la suspension des importations en 2026.

Rédaction
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