(BFI) – Le gouvernement camerounais a annoncé officiellement la mise en place effective du Fonds de solidarité nationale pour l’horizon 2027, relançant ainsi un mécanisme d’assistance sociale resté en projet depuis plus de vingt ans. Ce fonds est spécifiquement structuré pour financer des interventions d’urgence et d’accompagnement destinées aux tranches de la population les plus vulnérables.
Le gouvernement camerounais prévoit de mettre en place le Fonds de solidarité nationale en 2027, plus de vingt ans après les premiers travaux consacrés à ce mécanisme de financement de l’assistance aux populations vulnérables. Sa création figure, avec l’opérationnalisation du Registre social unifié du Cameroun (Resuc), parmi les priorités budgétaires présentées le 27 octobre 2026 à Yaoundé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, lors du Conseil de cabinet présidé par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute.
Selon le communiqué publié par les services du Premier ministre à l’issue de cette réunion, ces deux dispositifs doivent contribuer au renforcement de l’inclusion sociale et à l’amélioration de l’identification et du ciblage des populations vulnérables. Le gouvernement ne précise toutefois ni les dotations budgétaires envisagées pour 2027 ni le calendrier de leur mise en œuvre.
Le Fonds de solidarité nationale doit financer des interventions en faveur des personnes handicapées, des personnes âgées indigentes, des enfants en difficulté, des réfugiés et des victimes de sinistres. Son origine remonte aux recommandations du Forum national de la solidarité organisée en juin 2005 à Yaoundé. Une étude sur sa mise en place avait été engagée en mars 2006, suivie de deux ateliers consacrés à son évaluation et à sa validation, en octobre et novembre de la même année.
Le projet est depuis régulièrement revenu dans les orientations gouvernementales. Sa mise en place avait notamment été prescrite par Paul Biya dans la circulaire du 30 août 2023 relative à la préparation du budget 2024. En janvier 2025, le ministère des Affaires sociales (Minas) en faisait encore une priorité et poursuivait les travaux sur sa configuration technique, institutionnelle et financière.
Le second chantier concerne le Registre social unifié, destiné à identifier, localiser et enregistrer les ménages et les personnes vulnérables. Cette base de données doit faciliter la sélection des bénéficiaires des programmes d’assistance sociale et permettre une meilleure coordination entre les différents intervenants.
Le dispositif s’appuie sur un registre pilote développé depuis 2015 avec l’appui de l’Unicef et de l’Organisation internationale du travail (OIT). Son cadre institutionnel a été défini par un arrêté du Premier ministre du 19 mai 2022. En juillet 2024, la ministre des Affaires sociales, Pauline Irène Nguene, évaluait encore à 10 % l’état d’avancement de sa mise en place et appelait les partenaires techniques et financiers à renforcer leur contribution.
Le déploiement a néanmoins progressé. Selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié le 7 mai 2026, le Resuc couvrait 127 000 ménages répartis dans 47 communes au deuxième trimestre 2025. L’objectif reste d’étendre sa couverture à l’ensemble du territoire national d’ici 2028. Dans une étude publiée en juillet 2025, la Banque mondiale relevait toutefois la nécessité d’améliorer encore les capacités techniques et opérationnelles de la plateforme.
Les deux chantiers répondent à une couverture encore limitée de l’assistance sociale. D’après l’OCDE, seulement 4,2 % de la population camerounaise bénéficiait d’un programme d’assistance sociale en 2022, selon les données de la cinquième Enquête camerounaise auprès des ménages (Ecam5). L’organisation relève également la fragmentation des interventions entre plusieurs ministères et programmes, et considère que la création du Fonds de solidarité pourrait améliorer leur coordination.




