(BFI) – Le géant bancaire américain Bank of America a officiellement mandaté la société camerounaise Harvest Asset Management afin de cartographier et prospecter le marché financier de la zone CEMAC (Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, Guinée équatoriale, RCA). Cette démarche s’est concrétisée en octobre dernier par une mission d’exploration d’envergure menée sur le terrain.
Harvest Asset Management (basée à Douala) a accueilli le 27 octobre 2026 une délégation d’investisseurs internationaux conduite par Bank of America Securities, comprenant également des représentants d’Ashmore Group et de MFS Investment Management. Pour permettre à la banque américaine de cerner l’environnement macroéconomique, Harvest AM a facilité et coordonné des séances de travail stratégiques, notamment avec le ministre des Finances du Cameroun, Louis Paul Motaze à Yaoundé et avec la BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale).
L’évaluation a porté sur les perspectives budgétaires régionales, la gestion de la dette publique, la réglementation des changes et l’analyse approfondie du marché obligataire de la BVMAC.
Pourquoi c’est un tournant pour la zone CEMAC ?
En choisissant Harvest AM – qui a récemment franchi le cap historique du milliard d’euros d’actifs sous gestion –, Bank of America s’appuie sur l’expert de référence de la gestion d’actifs en Afrique centrale. Cette mission à caractère exploratoire marque un intérêt inédit des grandes banques d’investissement de Wall Street pour les opportunités de financement souverain et corporate dans cette sous-région.
Rôle de Harvest AM dans ce processus
En tant que leader du marché de la gestion d’actifs en zone CEMAC, Harvest Asset Management n’a pas seulement servi de guide, mais a agi comme le tiers de confiance indispensable pour introduire Bank of America Securities et ses partenaires dans la région.
Pour des géants de Wall Street, investir dans une zone émergente nécessite un partenaire local solide. En affichant plus de 650 milliards de FCFA (1 milliard d’euros) d’actifs sous gestion, Harvest AM prouve aux investisseurs américains que le marché financier régional dispose de structures matures et capables de traiter des volumes financiers importants. Harvest AM valide, par ses propres performances, la viabilité et la rentabilité du marché obligataire de la BVMAC auprès de fonds internationaux comme Ashmore et MFS.
Le principal défi pour des investisseurs étrangers en Afrique centrale est l’accès aux décideurs. Harvest AM a joué le rôle de pivot institutionnel. Harvest AM a coordonné et rendu possibles les réunions de haut niveau avec les autorités de tutelle, notamment avec le ministre des Finances du Cameroun, et la BEAC pour aborder de front les questions cruciales de la réglementation des changes et du rapatriement des devises.
À terme, Harvest AM se positionne pour être le bras exécutif de ces investisseurs sur place. Si Bank of America ou les fonds partenaires décident d’acheter massivement des obligations du Trésor (BTA/OTA) sur la BVMAC, ils passeront par les canaux et l’infrastructure de marché d’acteurs de premier plan comme Harvest AM.
Harvest AM pourrait concevoir des fonds communs de placement (FCP) ou des véhicules de titrisation sur-mesure pour canaliser ces capitaux internationaux vers les économies de la sous-région.
Antoine Mboussi




