(BFI) – Lors du Forum mondial de l’investissement (World Investment Forum) tenu du 25 au 27 octobre 2026 à Doha, au Qatar, le gouvernement camerounais — par la voix du ministre des PME, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), Achille Bassilekin III — a présenté une vision stratégique et trois propositions concrètes pour dynamiser le financement de ses petites et moyennes entreprises (PME).
Le Cameroun a exposé trois propositions visant à attirer les investissements internationaux, à améliorer le financement des petites et moyennes entreprises (PME) et à renforcer leur accès aux réseaux d’affaires mondiaux, à l’occasion du Forum mondial sur l’investissement qui s’est tenu du 25 au 27 octobre 2026 à Doha, au Qatar. La première proposition préconise un renforcement de la coopération avec la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et les partenaires au développement, afin d’étendre le programme d’entrepreneuriat « Empretec » à l’ensemble des dix régions du Cameroun. Cette extension intégrerait les technologies numériques et l’intelligence artificielle. La deuxième proposition vise à mettre en relation les entrepreneurs camerounais avec des plateformes internationales de mentorat et d’investissement, notamment le « Global Empretec Fellowship ». La troisième préconise la promotion de mécanismes de garantie, de refinancement et de cofinancement adaptés aux PME opérant dans les secteurs de l’agro-industrie, de la transformation numérique, des technologies émergentes, de l’intelligence artificielle et des activités durables sur le plan environnemental.
Ces propositions interviennent alors que l’accès limité au financement continue de freiner les entreprises camerounaises. Selon l’enquête « Enterprise Survey » 2024 de la Banque mondiale, menée auprès de 615 entreprises entre juin 2024 et février 2025, 28,8 % des répondants ont identifié l’accès au financement comme leur principal obstacle. Les données bancaires récentes font état d’une augmentation de la valeur des garanties accordées aux PME, bien que cela ne traduise pas nécessairement un accès élargi au financement bancaire. Les chiffres de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), indiquent que le montant des nouvelles garanties bancaires octroyées aux PME a atteint 122,21 milliards de Fcfa au cours du premier semestre 2026, soit une hausse de 25,6 % sur un an. Toutefois, les grandes entreprises ont continué de capter 72,2 % du total des nouvelles garanties.
Le Cameroun dispose déjà d’initiatives de financement susceptibles de constituer des leviers pour attirer des investissements supplémentaires. En avril 2026, la Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC) et le Fonds Africain de Garantie ont signé un accord portant sur une initiative de financement pilote de 5 milliards de Fcfa, destinée aux PME en particulier celles dirigées par des femmes ou de jeunes entrepreneurs.
Au-delà du financement, le gouvernement cherche à élargir l’accès aux marchés régionaux par le biais de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). La participation demeure toutefois limitée. En juillet 2026, Business & Finance International rapportait que seules quelques entreprises camerounaises avaient commencé à exporter dans le cadre des régimes commerciaux préférentiels prévus par cet accord, ce qui témoigne de difficultés liées aux règles d’origine et aux procédures d’exportation.
Selon le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), le Cameroun compte plus de 580 000 PME et artisans enregistrés, auxquels s’ajoutent plus de trois millions d’unités de production informelles. D’après le ministère, les PME représentent plus de 99 % des entreprises du pays et génèrent plus de 74 % des emplois décents. Le programme gouvernemental de développement des PME englobe également la formalisation des activités, le renforcement des compétences, l’obtention de certifications internationales et l’intégration des PME dans les chaînes de valeur régionales.
Ces propositions ont été formulées dans le contexte plus large d’efforts déployés lors du forum de Doha pour accroître les investissements dans les économies en développement. La CNUCED y a annoncé des initiatives axées sur le partage des risques liés aux investissements, ainsi que sur le financement de l’intelligence artificielle et des infrastructures numériques. Toutefois, le MINPMEESA n’a fait état d’aucun accord d’investissement ni d’aucun engagement de financement obtenu par le Cameroun à l’occasion de cet événement.
Cédric Boyomo




