(BFI) – Le Cameroun a lancé un nouveau projet de commerce transfrontalier soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Cette initiative vise à renforcer le commerce et la résilience économique le long des corridors reliant le Cameroun à la République centrafricaine.
Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a officiellement lancé le projet, baptisé PAMOZ, le 6 octobre au siège du Conseil économique et social à Yaoundé. L’initiative est conçue pour soutenir la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en facilitant les échanges transfrontaliers, en améliorant la gestion des frontières et en renforçant l’inclusion économique dans les zones fragiles.
Le projet se concentre sur les corridors Douala-Bangui et Douala-Kousséri, selon les documents de la BAD. Ces axes sont essentiels au rôle du Cameroun en tant que plaque tournante du transit et du commerce pour les pays d’Afrique centrale enclavés, notamment la République centrafricaine et le Tchad. Le PAMOZ associe des mesures commerciales à des interventions portant sur la mobilité humaine, la gouvernance des frontières, le développement économique et le soutien aux communautés situées aux abords des frontières et des principaux axes commerciaux. Les petits commerçants transfrontaliers, en particulier les femmes et les jeunes, figurent parmi les groupes cibles.
M. Mbarga Atangana a souligné que cette initiative inscrit le commerce transfrontalier dans une démarche plus large visant à accroître les échanges entre les économies africaines et à tirer parti de la ZLECAf pour réduire la fragmentation des marchés, renforcer la transformation locale et améliorer la compétitivité des entreprises africaines. Le projet s’inscrit également dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) du Cameroun, qui privilégie une transformation locale accrue et une consommation renforcée des produits fabriqués sur place.
Selon les chiffres cités par le ministre, la ZLECAf représente un marché d’environ 1,3 milliard de personnes, avec un produit intérieur brut combiné de près de 3 000 milliards de dollars. Les échanges dans le cadre de cet accord continental ont officiellement débuté le 1er janvier 2021. Le Cameroun cherche à tirer parti de ses infrastructures de transport et de logistique au sein du système commercial régional. Son littoral atlantique et ses corridors terrestres constituent des axes de transit essentiels vers la République centrafricaine et le Tchad, faisant de la circulation des biens et des personnes un élément clé de son rôle commercial régional.
Le membre du gouvernement a indiqué que l’initiative conjointe de la BAD et de l’OIM se concentrerait sur les données relatives à la mobilité, le développement économique, l’inclusion, la gouvernance des frontières et la gestion durable de ces dernières. Il a également souligné le rôle important des petits commerçants, des femmes et des jeunes dans le développement du commerce transfrontalier dans le cadre de la ZLECAf.
La cérémonie de lancement a réuni des représentants du gouvernement, de la BAD et de l’OIM, des diplomates, des représentants d’organisations internationales et régionales, ainsi que des acteurs institutionnels et du secteur privé. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large visant à articuler mobilité humaine, commerce et intégration économique régionale ; la mise en œuvre de la ZLECAf s’appuie par ailleurs sur les communautés économiques régionales et sur leurs mécanismes existants en matière de commerce, de transport, d’investissement, d’infrastructures et de circulation des personnes.
Cédric Boyomo




