(BFI) – Le Cameroun sollicite l’appui du Royaume-Uni pour financer et moderniser son industrie de transformation du bois, en mettant l’accent sur les petites et moyennes entreprises (PME). Cette initiative a été présentée par le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA) le 20 octobre, à la suite d’entretiens entre le ministre Achille Bassilekin III et Neil Scotland, conseiller britannique en matière forestière.
Selon le ministère, les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale dans la transformation locale du bois, le développement des PME forestières, la modernisation des équipements de production, le transfert de technologies et la mobilisation de financements adaptés aux entreprises camerounaises. Aucun engagement financier précis ni calendrier de mise en œuvre n’a été annoncé. Neil Scotland, conseiller forestier principal au sein du ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement (FCDO), était accompagné de Samantha Smith, haute-commissaire adjointe et chargée d’affaires britannique, ainsi que d’Euan McCarthy, conseiller régional pour le climat et l’environnement en Afrique centrale.
Ces échanges s’inscrivent dans le cadre des efforts déployés par le Cameroun pour développer la transformation locale du bois et réduire sa dépendance vis-à-vis des exportations de bois brut. Selon les chiffres de l’Institut national de la statistique (INS), le pays a exporté 762 007 tonnes de bois scié en 2025, générant 157,6 milliards de Fcfa de recettes. Les exportations de grumes (bois en grume) ont, quant à elles, chuté à 349 611 tonnes, soit leur niveau le plus bas depuis cinq ans. Ces données illustrent l’importance persistante de la transformation primaire dans le secteur camerounais des exportations de bois, alors même que le gouvernement encourage la production de produits dérivés du bois à plus forte valeur ajoutée.
Transformation locale et développement industriel
Les discussions avec les responsables britanniques font suite à un accord de partenariat signé le 6 octobre 2026 entre le MINPMEESA et la commune de Lomié, visant le développement du « Parc des PME du bois » dans la région de l’Est du Cameroun. D’après le ministère, ce projet a pour vocation de soutenir les PME de transformation du bois, les artisans et les organisations de l’économie sociale, en favorisant la fabrication locale, la création d’emplois et la production de biens à plus forte valeur ajoutée. Cela s’inscrit dans les efforts du gouvernement visant à renforcer l’activité industrielle liée aux ressources forestières du pays. Le Cameroun a également mis en place des mesures fiscales pour encourager la transformation locale du bois.
Entre 2017 et 2024, les droits à l’exportation sur les grumes sont passés de 17,5 % à 75 % de leur valeur « franco à bord » (FOB), selon Business & Finance International. Des exonérations douanières sur les équipements de transformation du bois importés ont par ailleurs été instaurées afin de soutenir l’investissement dans la production locale. Ces mesures interviennent en amont d’une restriction des exportations de grumes, prévue au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) pour le 1er janvier 2028. Cette politique régionale vise à inciter les pays membres à transformer davantage de bois sur place, plutôt que de l’exporter à l’état brut.
Pour le Cameroun, les discussions avec les responsables britanniques constituent une nouvelle démarche visant à attirer les financements, les équipements et l’expertise technique nécessaires au développement des capacités de transformation locale. Toutefois, le ministère n’a annoncé aucun accord engageant le Royaume-Uni à fournir une assistance financière ou technique.
Cédric Boyomo




