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L’Afrique s’imprègne de l’IA, les autres gagnent les milliards

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(BFI) – L’Afrique est actuellement un consommateur majeur et un terrain d’expérimentation pour l’intelligence artificielle (IA), mais la majeure partie des bénéfices financiers et de la valeur ajoutée technologique est captée par les géants de la Tech américains et asiatiques. C’est le constat partagé par de nombreux experts et rapports économiques sur la fracture numérique mondiale.

L’Afrique manque de centres de données (data centers) massifs et de supercalculateurs. Les données africaines sont souvent stockées et traitées sur des serveurs appartenant à des entreprises étrangères (Microsoft, Google, AWS).

Bien que le continent regorge de talents et de développeurs brillants, les meilleurs ingénieurs africains en IA sont fréquemment recrutés par des multinationales occidentales ou s’expatrient, faute de financements locaux compétitifs. Les start-ups africaines spécialisées dans l’IA peinent à lever des milliards de dollars de capital-risque comparé à leurs homologues de la Silicon Valley ou de Pékin.

Si les milliards de bénéfices directs échappent au continent, l’IA y trouve une utilité pragmatique et un fort impact social avec l’optimisation des récoltes dans l’agriculture de précision et la gestion de l’eau face au changement climatique, l’inclusion financière (Fintech) à travers les micro-crédits et scores de vigilance automatisés via le paiement mobile.

Pour inverser la tendance, plusieurs pays (comme le Kenya, le Nigeria, l’Afrique du Sud ou le Rwanda) développent des stratégies nationales de l’IA visant à créer des modèles de langage locaux (LLM) et à encadrer la souveraineté des données.

Tous les pays africains ne peuvent pas prétendre aux mêmes activités. Mais pourquoi devraient-ils renoncer à rechercher les segments sur lesquels ils pourraient devenir compétitifs ? À quoi bon multiplier les stratégies nationales d’intelligence artificielle si elles ne débouchent pas aussi sur des entreprises capables de vendre des biens et des services à cette industrie mondiale ?

Pour des économies en quête de nouveaux relais de croissance, l’IA représente bien davantage que des applications à adopter. Elle ouvre des marchés à conquérir. La souveraineté numérique a son importance, mais elle ne saurait tenir lieu de politique industrielle. L’Afrique n’a pas besoin de tout produire. Elle doit en revanche se donner les moyens de produire ce dont cette nouvelle industrie a besoin.

André Noir

Rédaction
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