(BFI) – L’économie camerounaise a progressé de 3,5 % en 2025, soutenue par une hausse de 3,8 % des activités non pétrolières. Le déficit commercial du pays a atteint 2 098 milliards de francs CFA, les importations continuant de dépasser les exportations, selon le dernier rapport économique du gouvernement. L’Apport annuel sur la situation économique du Cameroun (Édition 2025) a été présenté par le ministre de l’Économie, de la Planification et du Développement régional, Alamine Ousmane Mey, à Yaoundé le 25 août.
Ce document de près de 200 pages analyse la situation macroéconomique du pays, sa compétitivité, ses investissements, la mise en œuvre des politiques publiques et son exposition aux chocs externes. Le ministère de l’Économie, de la Planification et du Développement régional (MINEPAT) a indiqué que la croissance du produit intérieur brut réel s’est établie à 3,5 % en 2025, tandis que les activités non pétrolières ont progressé de 3,8 %. Le ministère a indiqué que la croissance est restée soutenue malgré un contexte international difficile.
Selon le rapport, l’activité hors pétrole, et notamment les services, a été le principal moteur de l’expansion économique au cours de l’année. Le secteur des services a progressé de 4,3 %. Le document montre également que l’inflation s’est ralentie à 3,4 % en 2025, contre 4,5 % en 2024, freinant ainsi la hausse générale des prix à la consommation. Les prix des produits alimentaires ont toutefois augmenté de 6,8 %, plaçant ainsi la hausse du coût des denrées alimentaires au-dessus du taux d’inflation national.
Les importations creusent le déficit commercial
Le rapport révèle en outre que le Cameroun a importé pour 5 240 milliards de francs CFA en 2025, contre des exportations d’une valeur de 3 142 milliards de francs CFA. Le pays a ainsi enregistré un déficit commercial de 2 098 milliards de francs CFA. Selon le MINEPAT, ce creusement du déficit s’explique, entre autres, par la baisse des exportations d’hydrocarbures et la hausse des importations.
Le rapport a été présenté dans un contexte de tensions géopolitiques et économiques et de leurs répercussions sur les prix, les flux commerciaux et l’activité économique. Il identifie les risques et les vulnérabilités qui continuent d’exposer l’économie nationale aux chocs externes. Le MINEPAT a indiqué que ce document vise à appuyer la prise de décision économique et à fournir un cadre de référence pour le dialogue entre les pouvoirs publics, les entreprises et les partenaires au développement. Ses conclusions devraient également orienter les réformes structurelles, la transformation productive et la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030.
Selon le ministre Ousmane Mey, le gouvernement doit passer d’une logique de résilience à une expansion économique plus rapide en réduisant la dépendance aux importations, en augmentant la production nationale et en valorisant les matières premières produites localement. Le ministre a également plaidé pour un changement de cap, passant des projets inscrits au budget de l’État aux infrastructures achevées et opérationnelles. Il a affirmé que les dépenses publiques devraient être liées à des résultats mesurables, tandis que la production devrait être ciblée sur les besoins identifiés.
Selon le MINEPAT, la valeur du rapport dépendra de la capacité à traduire ses conclusions en décisions, ses recommandations en réformes et ses analyses économiques en résultats concrets. Les priorités affichées comprennent la création d’emplois, l’augmentation des revenus des ménages, le renforcement des capacités de production et la réduction de la vulnérabilité de l’économie aux chocs externes.
André Noir




