(BFI) – Sur les 3007,1 milliards FCFA de nouveaux crédits distribués dans la zone CEMAC au quatrième trimestre 2025, le Cameroun en a absorbé à lui seul 1922,4 milliards (3,4 milliards $), soit 63,93 % du total. Selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le pays conforte ainsi sa position de principal marché du crédit de la sous-région, devant le Gabon (18,25 %), le Congo (8,33 %), le Tchad (5,59 %), la Guinée équatoriale (3,03 %) et la République centrafricaine (0,87 %).
Cette domination s’est renforcée au cours des trois derniers mois de l’année. Le volume des nouveaux crédits accordés au Cameroun a progressé de 10,56 % par rapport au trimestre précédent. Les besoins de financement liés aux fêtes de fin d’année, combinés à l’activité générée par l’élection présidentielle, ont contribué à soutenir la demande de crédit.
Le marché camerounais profite également d’un environnement bancaire relativement concurrentiel. Contrairement à d’autres pays de la sous-région où quelques établissements dominent largement le secteur, plusieurs banques se disputent les parts de marché, ce qui contribue à maintenir des conditions de financement attractives. Au quatrième trimestre 2025, Banque Atlantique Cameroun occupait la première place avec 19,89 % des nouveaux crédits distribués, devant Société Générale Cameroun, SCB Cameroun et BGFIBank Cameroun.
Les grandes entreprises en tête des bénéficiaires
Les principaux bénéficiaires de ce crédit restent les grandes entreprises, qui ont absorbé plus de 1 236 milliards de FCFA, soit près des deux tiers des nouveaux financements accordés dans le pays. Les administrations publiques et les collectivités territoriales ont également accru leur recours aux banques. En un an, les financements qui leur ont été accordés sont passés de 31,9 milliards à 167,3 milliards de FCFA. Les ménages, en revanche, n’en ont capté que 7,1 %, en recul de 6,6 % sur un an.
Une prédominance des crédits de trésorerie
Cependant, plus de 60 % des crédits accordés au Cameroun sont consacrés au financement des besoins de trésorerie et des dépenses de court terme, ce qui pourrait fragiliser le modèle économique du pays à long terme. Les prêts destinés à l’investissement, pourtant essentiels à la création de nouvelles capacités de production, ne représentent que 13,2 % des financements octroyés.




