(BFI) – Une nouvelle étude réalisée par le cabinet de conseil financier FedhEn Capital, présentée au ministère des Finances du Cameroun (MINFI), propose des mesures pour aider les entreprises locales à lever des fonds via le marché régional des capitaux d’Afrique centrale. Les recommandations portent notamment sur la préparation des entreprises à une introduction en bourse, le renforcement de la gouvernance d’entreprise et l’attraction de davantage de capitaux d’investissement.
Les conclusions ont été présentées le 9 octobre 2026 lors d’un atelier présidé par le secrétaire général du MINFI, Gilbert Didier Edoa, au nom du ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Cette étude a été commandée afin d’identifier les obstacles empêchant les entreprises camerounaises de lever des fonds sur le marché régional et de proposer des solutions pour y remédier. Ces propositions s’inscrivent dans le cadre des efforts du ministère visant à offrir aux entreprises davantage d’options de financement au-delà des sources traditionnelles. Elles visent à aider les sociétés à obtenir les fonds nécessaires à leur croissance et à la réalisation de projets d’investissement. Toutefois, ces recommandations restent soumises à l’examen des pouvoirs publics.
Lors de l’atelier, M. Edoa a souligné que le marché financier régional offre aux entreprises une voie supplémentaire pour lever des fonds destinés à soutenir leurs activités et leur croissance. Il a expliqué que le gouvernement avait autorisé des associations professionnelles à commander cette étude pour analyser les défis liés au financement, examiner les procédures en vigueur et proposer des moyens d’améliorer l’accès aux capitaux régionaux.
Plus de 300 entreprises identifiées, seules quatre financées
Le directeur général de FedhEn Capital, Jules Samain, a indiqué que seules quatre entreprises camerounaises avaient obtenu un financement via le marché régional sur les plus de 300 identifiées au cours de l’étude. Il a attribué cette faible participation, en partie, à la faiblesse des liens entre les entreprises et les institutions financières régionales. Selon M. Samain, un meilleur accès au marché permettrait aux entreprises de lever davantage de fonds pour investir et de gagner en compétitivité.
L’étude a également mis en lumière la structure financière des entreprises camerounaises. Plus de 10 % d’entre elles afficheraient un capital inférieur à un million de francs CFA, tandis que plus de 3,4 % n’ont pas déclaré leur capital. D’après M. Samain, ces chiffres soulèvent des questions quant à la gestion financière de certaines entreprises et à leur capacité à satisfaire aux exigences requises pour obtenir un financement. L’étude préconise donc un renforcement de la gouvernance d’entreprise et une meilleure préparation afin d’aider les entreprises à attirer des investisseurs via le marché régional.
L’initiative remonte au 20 juillet 2023, date à laquelle le gouvernement a chargé FedhEn Capital d’examiner les moyens d’améliorer le financement des entreprises par le biais du marché régional des capitaux. La mission consistait notamment à identifier les options de financement disponibles, à évaluer les obstacles rencontrés par les entreprises et à proposer des mesures pour faciliter leur accès au marché.
M. Samain a également souligné qu’un meilleur accès au financement régional pourrait alléger la pression sur les finances publiques, compte tenu des engagements financiers actuels de l’État. La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) offre une plateforme permettant aux entreprises éligibles de lever des fonds auprès d’investisseurs.
Selon le MINFI, les pouvoirs publics examineront ces recommandations avant de décider quelles mesures adopter. L’objectif du gouvernement est d’aider davantage d’entreprises camerounaises à obtenir les fonds nécessaires à leur croissance et à la réalisation de projets d’investissement.
Omer Kamga




