(BFI) – Le Cameroun s’emploie à accélérer le développement de son secteur des technologies financières (fintech) et à élargir l’accès aux services financiers numériques grâce à un nouveau forum qui devrait attirer environ 20 000 visiteurs. Cette initiative vise à promouvoir l’innovation dans le domaine de la fintech, à renforcer les compétences en matière de finance numérique et à créer des opportunités économiques, alors que les paiements électroniques continuent de se développer à travers le pays.
Le Comité national économique et financier du Cameroun (CNEF) a lancé le compte à rebours pour le premier Salon de la finance numérique (SAFINUM) à Yaoundé, le 7 octobre 2026, avec le soutien du ministre des Finances, Louis Paul Motaze. L’événement, prévu du 26 au 28 novembre au Palais des congrès de Yaoundé, réunira les acteurs de la finance numérique, notamment les entreprises de fintech, les prestataires de services de paiement et les utilisateurs de services financiers.
S’adressant à la presse après le lancement, Emmanuel Asafor, directeur national adjoint de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), a déclaré que cette initiative répondait à la numérisation croissante des transactions financières et à la nécessité d’accroître leur contribution à l’activité économique. « Nous pensons qu’il est temps d’accélérer ce processus. La finance numérique peut apporter une contribution significative au produit intérieur brut de notre pays, créer des opportunités pour les jeunes de plus en plus attirés par le numérique et générer une plus grande valeur ajoutée au sein de notre système financier et de l’économie dans son ensemble », a déclaré M. Asafor.
Le Cameroun en tête du marché régional du mobile money
Cette initiative intervient alors que le Cameroun conserve sa position de leader sur le marché du mobile money en Afrique centrale. Selon le rapport 2024 de la BEAC sur les services de paiement, le Cameroun comptait 30,9 millions de comptes de mobile money, soit environ 60,4 % des comptes de l’ensemble de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), qui regroupe six pays. Le pays a également représenté environ 77 % de la valeur des transactions de monnaie électronique dans la sous-région, celles-ci ayant atteint 26 773 milliards de francs CFA en 2024.
Par ailleurs, les données de la BEAC indiquent que les paiements de biens et services via des plateformes de monnaie électronique dans la zone CEMAC se sont élevés à 3 072 milliards de Fcfa en 2024, soit une hausse de 3,74 % par rapport aux 2 961 milliards enregistrés en 2023. Le nombre de transactions a progressé de 4,97 % pour atteindre 1,498 milliard, reflétant l’utilisation croissante des paiements électroniques pour les activités commerciales.
M. Asafor a expliqué que la finance numérique ne se limite pas aux établissements bancaires ; elle englobe également les commerçants du secteur informel, les industriels et les investisseurs accédant aux marchés financiers via des plateformes mobiles. « La finance numérique concerne tout le monde, de la vendeuse de papayes au marché qui doit recevoir un paiement par monnaie électronique jusqu’à l’industriel effectuant des transactions financières. Aujourd’hui, il est même possible de souscrire à des titres sur les marchés financiers d’un simple clic sur un téléphone mobile », a-t-il déclaré.
Selon M. Asafor, SAFINUM deviendra un événement annuel, dont l’organisation sera à terme assurée par des associations de fintech et des sociétés de paiement. Il a ajouté que le CNEF se concentrerait par la suite sur un rôle de supervision plutôt que sur l’organisation directe du forum.
Elise Nguélé




