(BFI) – Le Cameroun négocie activement à Bruxelles la levée de sa suspension de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). Lors de discussions menées en marge de la 10e Conférence mondiale de l’ITIE tenue le 9 octobre 2026, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, Fuh Calistus Gentry, a échangé avec la nouvelle Présidente du Conseil d’administration de l’ITIE, Maria van der Hoeven, pour plaider en faveur d’un réexamen anticipé de la situation du pays.
Le Cameroun est temporairement suspendu de l’ITIE depuis février 2024 en raison d’un score insuffisant (53 points sur 100). Les principaux griefs portent sur des faiblesses majeures concernant l’engagement, la liberté et l’espace accordés à la société civile (Exigence 1.3 de l’ITIE). Des retards et un manque d’accessibilité des données sectorielles.
Pour convaincre l’ITIE de lever cette sanction avant la prochaine validation officielle initialement fixée à avril 2027, la délégation camerounaise a formulé plusieurs promesses notamment assurer une participation libre, indépendante et effective des acteurs associatifs au processus de contrôle, établir un calendrier précis avec la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) pour publier les contrats pétroliers, les états financiers et les données du secteur, consolider le Secrétariat national de l’ITIE au Cameroun par le recrutement de personnel technique et la nomination d’un coordonnateur national adjoint.
Le principal défi
Bien que le Secrétariat international de l’ITIE reste à l’écoute des promesses de Yaoundé, les analystes s’accordent à dire que la simple présence à Bruxelles ou la publication de rapports financiers ne suffiront pas. Le véritable déblocage dépendra de preuves concrètes sur le terrain démontrant que la société civile dispose d’un espace de travail totalement libre et sécurisé.
Placide Onguéné




