La situation de la dette des pays africains préoccupe les dirigeants

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(BFI) – Dans le cadre des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, les gouverneurs se sont penchés, mercredi dernier, sur ce sujet d’actualité. Au point où, dans le cadre des assemblées annuelles du groupe de la Banque africaine de développement (BAD), toute une rencontre de haut niveau a été organisé le 23 juin 2021. « Du règlement de la dette à la croissance : la voie à suivre pour l’Afrique » en était le thème. L’importance de cet échange entre des ministres en charge des Finances et du Plan, gouverneurs à la BAD et des gouverneurs de banques centrales n’est plus à démontrer, dans un contexte où, pour faire face à la pandémie du Covid-19 et poursuivre leurs projets de développement, les pays africains n’hésitent pas à solliciter, plus que souvent, leurs partenaires techniques et financiers, mais aussi les marchés de capitaux.

C’est ainsi que, selon les données consolidées par la BAD en mai 2021, 17 pays africains sur 38, pour lesquels une analyse de la viabilité était disponible, étaient en situation de surendettement. 12 autres faisaient face à un risque modéré de surendettement, tandis qu’on comptait déjà six pays surendettés. L’encours total de la dette africaine, estimé en 2019 à 841,9 milliards de dollars (plus de 462 mille milliards de F), représente aujourd’hui plus de deux fois les recettes annuelles des gouvernements africains évaluées à 501 milliards de dollars (plus de 275 mille milliards de Fcfa).

Seulement, les pays du continent vont continuer à s’endetter, auprès de partenaires divers, car la BAD estime que, entre 2021 et 2023, l’Afrique aura besoin d’un financement additionnel de 485 milliards de dollars. Au Cameroun par exemple on se félicite de ce que, bien qu’ayant pris du volume ces dernières années, la dette, estimée à fin avril 2021 à environ 11 000 milliards de Fcfa, reste viable en dessous du seuil critique de 75% du PIB arrêté pour l’Afrique centrale.

Durant ces échanges, on a évoqué des solutions à mettre en œuvre pour éviter le surendettement. L’une d’elle étant la mise à disposition des pays africains, dans les meilleurs délais, des 33 milliards de droits de tirage spéciaux (DTS) annoncés lors du Sommet sur les économies africaines de Paris, ainsi que les 100 milliards de dollars des DTS en provenance des pays industrialisés. Pour Alamine Ousmane Mey, ministre camerounais de l’Economie, de la Planification, il y a des piliers pouvant aider les Africains à s’en sortir : la diversification des revenus et l’amélioration de la mobilisation des ressources ; l’amélioration de la qualité et de l’efficacité de la dépense publique ; la discipline dans la mise en œuvre des projets pour lesquels les dettes sont contractées, entre autres.

André Noir

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