(BFI) – La société immobilière du Cameroun (SIC), enteprise publique chargée de construire, de gérer et louer une partie du parc immobilier de l’Etat, tout en développant des programmes de logements, fait face à une hausse marquée des sommes qui lui sont dues. Les etats financiers arrêtés au 31 décembre 2025 montrent que les créances clients atteignent 9,2 milliards de Fcfa contre 7,7 milliards de Fcfa un an plus tôt, soit une augmentation de 1,4 milliards de Fcfa (+18,63%). Cettes évolution s’explique principalement par les retards de paiement des administrations publiques camerounaises, qui concentrent près de 90% des montants restants à recouvrer.
Dans le détail, les prestations réalisées par la SIC pour le compte du ministère de l’habitat et du développement urbain (Minhdu), dans le cadre des programmes publics de logement d’Olembè à Yaoundé et de Mbanga Bakoko à Douala représente à elles seules une créance de 4,6 milliards de Fcfa. Les loyers dus par le ministère de la Défense et des Domaines, du Cadastre et des affaires foncières (Mindcaf) s’élèvent à 2,4 milliards de Fcfa.
A ces montants s’ajoutent 509,1 millions de Fcfa de commissions dues à la SIC au titre du mandat par lequel l’Etat lui confie la gestion d’une partie de son patrimoine immobilier. L’Assemblée nationale et l’Université de Garoua totalisent, quant à elles, 62,8 millions d’impayés. Les créances sur les clients privés s’établissent à 947,45 millions de Fcfa. Au total, près de 8 milliards de Fcfa sur les 9,2 milliards de Fcfa de créances de la SIC sont par l’Etat et ses démembrements, confirmant le poids du secteur public dans les retards de paiement de l’entreprise.
Si dans ces sociétés l’entreprise estime que la garantie souveraine de l’Etat constitue une assurance suffisante quant au recouvrement des créances, elle applique notamment une politique du suivie de risque de non paiement pour ses autres clients. La SIC comme douteuse les créances présentant plus de trois mois d’impayés, celles liées à une sous location ou à un départ sans autorisation, les dossiers faisant paraitre des irrégularités relevés par des cabinets d’audits, ainsi que les créances nécessitant un recouvrant par voie d’huissier. Au 31 décembre 2025, les créances jugées irrécouvrables et intégralement dépréciées atteignent 851,6 millions de Fcfa.
Cette hausse des créances intervient dans un contexte d’amélioration des performances financières de l’entreprise. Les états financiers font apparaitre une progression de plusieurs indicateurs d’activité. Le chiffre d’affaires atteint 5,2 milliards de Fcfa en 2025 contre 3,5 milliards de Fcfa en 2024, soit une hausse de 42,3 milliards de Fcfa, les résultats d’exploitation progresse de 64,4% pour s’établir à 1,53 milliard de Fcfa. Le bénéfice net ressort à 858,7 millions de Fcfa contre 592,7 millions de Fcfa l’année dernière, soit un progression de 48%. Les dette financières et ressources assimilées diminuent fortement, passant de 4,5 milliards de Fcfa à 1,8 milliards de Fcfa.



