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Le Cameroun renforce le bouclier sécuritaire autour du port de Douala

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Installée au plus près des installations portuaires, cette nouvelle base doit permettre une capacité d’intervention plus rapide face à toute menace visant les infrastructures stratégiques, les opérateurs économiques ou les usagers du port. Lors de la cérémonie, Joseph Beti Assomo a rappelé le poids central de Douala dans l’économie nationale : « La ville de Douala est le poumon économique de notre pays. Elle concentre une très importante part de nos activités portuaires, commerciales et financières, ainsi que de notre tissu industriel. Assurer sa sécurité revient à protéger une part très significative du potentiel économique national. »

Sécuriser le principal corridor commercial du pays

Le choix de Douala ne doit rien au hasard. Le Port de Douala-Bonabéri concentre près de 70 % des échanges commerciaux du Cameroun et sert également de principale porte d’entrée maritime au Tchad et à la République centrafricaine, deux pays enclavés dont une part importante du commerce extérieur transite par cette plateforme. À ce titre, la sûreté du port dépasse le seul enjeu camerounais : elle touche à la continuité des flux régionaux dans une large partie de l’Afrique centrale.

Cette position stratégique en fait aussi une infrastructure exposée. Dans le golfe de Guinée, les actes de piraterie ont reculé ces dernières années, mais les risques n’ont pas disparu. Trafics de stupéfiants, contrebande, commerce illicite de produits pétroliers, pêche illégale ou traite d’êtres humains continuent de nourrir un environnement sécuritaire instable. Dans ce contexte, l’installation du BIR vise à ajouter une capacité de réaction immédiate à un dispositif déjà fortement orienté vers la prévention et la surveillance.

Une brique supplémentaire dans l’architecture de sûreté portuaire

La nouvelle base ne constitue pas un dispositif autonome. Elle vient s’agréger à l’architecture de sûreté déjà déployée autour du port dans le cadre du programme Douala Port Security (DPS). Mis en œuvre avec l’appui de PortSec SA, ce système combine moyens humains et technologies de contrôle : gestion du trafic maritime par radar et vidéosurveillance, contrôle des cargaisons par scanner, identification biométrique et brigade cynophile spécialisée dans la détection de produits illicites.

L’apport du BIR change cependant la nature du dispositif. Là où les outils existants renforcent surtout la surveillance, le filtrage et la détection, la présence permanente des forces spéciales introduit une capacité d’intervention opérationnelle immédiate en cas de crise, d’attaque ciblée ou de menace directe contre les installations portuaires.

La sécurité comme facteur de compétitivité

Au-delà de la logique strictement militaire, les autorités rattachent clairement cette base à un enjeu économique. Pour le maire de Douala, Roger Mbassa Ndine, cette infrastructure doit contribuer à mieux protéger la capitale économique et à renforcer la performance du premier port du pays.

Cette lecture s’impose de plus en plus dans les grands ports commerciaux. Pour les armateurs, les chargeurs et les investisseurs, la sécurité des chaînes logistiques devient un critère majeur d’attractivité. Un port mieux sécurisé réduit les risques de rupture, rassure les opérateurs et soutient le maintien des standards internationaux de sûreté, notamment ceux liés au Code ISPS sur la sécurité des navires et des installations portuaires.

Un investissement sécuritaire à portée régionale

En renforçant la présence du BIR à Douala, l’État cherche donc à protéger bien plus qu’une emprise portuaire. Il s’agit aussi de sécuriser un corridor commercial vital pour le Cameroun et son hinterland, dans un contexte où les enjeux maritimes et logistiques se confondent de plus en plus avec les enjeux de souveraineté économique.

La base inaugurée le 2 juillet apparaît ainsi comme un investissement à double rendement : militaire par sa fonction de réponse rapide, économique par sa contribution attendue à la continuité et à la crédibilité des flux commerciaux. Dans le golfe de Guinée, où la sécurité reste un déterminant direct de la compétitivité portuaire, le port de Douala s’affirme plus que jamais comme une infrastructure à défendre autant pour des raisons stratégiques que pour des raisons commerciales.

Rédaction
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