AccueilFinanceConjonctureLa CEMAC alerte sur un risque élevé d’insolvabilité en Afrique Centrale

La CEMAC alerte sur un risque élevé d’insolvabilité en Afrique Centrale

-

Le président du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), le ministre congolais de l’Economie, du Plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale, Ludovic Ngatsé, a sonné l’alarme, le 13 juin à Brazzaville, à l’occasion de la clôture des travaux de la 45e session ordinaire de cette institution. Selon lui, les difficultés constatées sont dues au non reversement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI).

« Les chiffres qui ont été portés à notre connaissance sont sans appel. Le budget 2026 de la communauté a été arrêté à 85,9 milliards FCFA dont 50, 204 milliards FCFA attendus de la TCI, représentant 58,43% des ressources communautaires. Or, au 11 juin 2026, les recouvrements effectifs n’atteignent que 9,384 milliards FCFA, soit un taux d’exécution de 17,70%. Cette réalité dépasse le seuil de la préoccupation budgétaire : elle constitue une menace existentielle pour la communauté », a prévenu Ludovic Ngatsé, précisant que ces données ne sont pas des projections théoriques, mais décrivent la réalité d’aujourd’hui.

Soulignant la nécessité de renforcer la communauté pour le bien des générations à venir, le président du Conseil des ministres de l’UEAC a insisté sur le fait que le reversement de la TCI est une obligation légale, non une option. « Chaque franc non reversé est un service communautaire non rendu, une décision non mise en oeuvre, une institution fragilisée dans sa capacité à servir nos populations. Notre Conseil a pris ce jour les mesures nécessaires. Il appartient maintenant à chacun de nos gouvernements d’en assurer l’exécution sans délai, en impliquant de manière effective et irréversible le mécanisme de reversement automatique dans leurs systèmes financiers nationaux », a-t-il exhorté.

La prochaine session jugera, a-t-il poursuivi, les Etats non sur les promesses, mais sur les actes. Rendant hommage à la mémoire des pères fondateurs de cette communauté aujourd’hui vieille de 61 ans, Ludovic Ngatsé a souligné l’obligation d’en assumer pleinement la responsabilité.

Réaliser une étude approfondie avant de sanctionner

Organisée en mode hybride, cette session a permis aux représentants des six pays de la Cémac de suivre l’exposé développé par l’agent comptable central sur la situation financière de la communauté. Une présentation qui a fait état d’un niveau de trésorerie extrêmement faible, compromettant le fonctionnement des institutions communautaires, au point d’atteindre un seuil critique marqué par le ralentissement ou la suspension des activités et programmes desdites institutions. C’est ainsi que le Conseil a admis la gravité de la situation décrite, susceptible de conduire, d’après lui, à la suspension du fonctionnement des institutions de l’UEAC.

« Le Conseil des ministres a félicité les États membres ayant versé une partie de leurs contributions et pris acte des annonces faites par les autres États pour un paiement dans les meilleurs délais. Soucieux de trouver une issue à cette problématique récurrente, le Conseil a salué les efforts des États membres ayant rendu opérationnel le mécanisme de recouvrement automatique de la TCI et encouragé les autres États à en faire de même, à court terme, afin de permettre aux institutions communautaires de s’acquitter convenablement de leur mission », ont mentionné les participants dans le communiqué final.

Au regard toutefois des contraintes qui limitent les capacités financières des États membres, le Conseil a jugé inopportune l’application des mécanismes de sanctions prévus par les dispositions des articles 51 et 52 du traité révisé de la Cémac. Ceci en attendant la réalisation d’une étude approfondie et relative.

Déjà, à l’ouverture des travaux de cette session, le président de la Commission de la Cémac, Baltasar Engonga Edjo’o, alertait sur les signaux de dégradation de la situation financière dans l’espace, avec une aggravation depuis janvier dernier. « Le niveau de trésorerie est extrêmement faible…La racine du problème, qui réside dans les carences de reversement de la TCI, principale source de financement de la Cémac, est bien connue », annonçait-il.

Rédaction
Rédaction
Média multi-support édité par l’Agence Rhéma Service, cabinet de communication et de stratégie basé à Douala, Business & Finance International regroupe des partenaires internationaux issus du monde des médias, des affaires et de la politique, mus par la volonté de fournir une information vraie, crédible et exploitable pour un investissement sûr en Afrique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici