(BFI) – Après une phase pilote menée sur plusieurs plateformes aéroportuaires, l’Autorité aéronautique du Cameroun (CCAA, sigle en anglais) s’apprête à généraliser le contrôle biométrique des présences à l’ensemble de ses sites. Cette décision intervient à la suite de résultats jugés préoccupants par l’institution, qui estime à plus de 10 millions de FCFA les pertes enregistrées au cours des six premiers mois d’exploitation du dispositif.
« Ces pertes sont imputables aux absences prolongées et non justifiées ainsi qu’aux retards non signalés de manière systématique, ce qui n’a pas permis à l’Autorité aéronautique d’agir efficacement et d’adopter des mesures conservatoires nécessaires », explique la CCAA.
Pour préparer cette extension, un atelier de travail s’est tenu les 4 et 5 août 2026 à Yaoundé. Réunissant les responsables des affaires générales du siège et des plateformes aéroportuaires de Douala (Littoral), Yaoundé-Nsimalen (Centre), Maroua (Extrême-Nord), Garoua (Nord), Ngaoundéré (Adamaoua) et Bafoussam (Ouest), la rencontre visait à harmoniser les procédures et à résoudre les difficultés constatées lors de la phase expérimentale.
L’analyse des données collectées a notamment mis en évidence les limites du système de suivi des présences jusqu’ici en vigueur. Les absences injustifiées et les retards insuffisamment documentés ont parfois empêché une réaction rapide de l’administration, avec des conséquences directes sur la gestion des ressources humaines et la masse salariale, apprend-on.
Au-delà de l’impact financier, la CCAA estime que la maîtrise du temps de travail constitue un enjeu de performance pour une institution chargée de la supervision et de la sécurité du transport aérien au Cameroun. Le contrôle biométrique s’appuie sur des dispositions déjà prévues dans les textes internes. Le règlement intérieur impose à chaque agent d’enregistrer personnellement sa présence à l’arrivée et au départ, tandis que le statut du personnel rappelle que la rémunération est liée au travail effectivement accompli.
Les échanges ont également permis d’identifier l’un des principaux obstacles rencontrés durant la phase pilote. Selon l’entreprise chargée du déploiement, plusieurs postes de travail n’avaient pas été correctement paramétrés avec les horaires des agents. En l’absence de ces données, le système ne pouvait pas distinguer un retard ou une absence injustifiée d’un repos réglementaire ou d’un aménagement de service autorisé. La correction de ces paramètres apparaît désormais comme une étape essentielle avant le déploiement généralisé de la solution sur l’ensemble des sites de la CCAA.
Cédric Boyomo



