(BFI) – La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a appelé à intensifier la mobilisation des ressources intérieures et externes pour soutenir la croissance de la sous-région face aux incertitudes mondiales. L’appel a été lancé mardi 22 septembre 2026 par le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, lors d’un séminaire sur les perspectives économiques régionales organisé conjointement avec la Banque africiane de Développement (BAD).
Placé sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement dans un monde fragmenté », le séminaire réunit responsables publics, institutions régionales et internationales, secteur privé et partenaires au développement. La rencontre a permis de présenter les rapports 2026 sur les perspectives économiques régionales pour l’Afrique centrale et sur la situation économique du Cameroun, et d’examiner la mise en œuvre du Document de Stratégie Pays 2023-2028 et les perspectives de renforcement de l’impact des interventions de la Banque au Cameroun.
M. Sana Bangui a appelé à transformer les diagnostics en actions, notamment à travers la diversification industrielle, la transition écologique et le développement des marchés de capitaux régionaux, afin de renforcer le financement du développement et de consolider le cadre macroéconomique de l’Afrique centrale.
La sous-région doit faire face à un climat international fragmenté qui restreint les flux financiers traditionnels de l’aide au développement. L’une des solutions principales réside dans la meilleure valorisation des ressources souveraines et du capital naturel de l’Afrique centrale (notamment le bassin du Congo). Les experts et représentants (comme Paul Tasong pour le Cameroun) insistent sur l’obligation d’assurer un usage stratégique et mesurable de chaque franc injecté dans l’économie pour répondre aux objectifs de transformation structurelle (tels que la SND30 au Cameroun).
Face à ces défis, le Groupe de la BAD met l’accent sur le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures, l’amélioration de l’efficacité de la dépense publique, l’accélération de la transformation locale des matières premières et l’amélioration de l’environnement des affaires. Ces orientations rejoignent les priorités de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), notamment en matière de transformation structurelle de l’économie, de développement du secteur privé, de valorisation des ressources nationales et d’amélioration de l’efficacité de l’investissement public.
Au-delà de la présentation des perspectives économiques, les travaux étaient également une occasion d’apprécier les résultats enregistrés dans le cadre de la mise en œuvre du Document de Stratégie Pays (DSP) 2023-2028 de la BAD au Cameroun, d’identifier les contraintes rencontrées dans l’exécution des projets et d’examiner les ajustements nécessaires pour renforcer leur impact sur la transformation structurelle de l’économie nationale.
Le DSP 2023-2028 vise notamment à accélérer la transformation structurelle de l’économie camerounaise, afin de réduire sa vulnérabilité aux chocs extérieurs et aux effets du changement climatique. La stratégie couvre quatre principaux domaines d’intervention : l’agro-industrie, les transports, le développement des compétences et la gouvernance économique. Elle accorde également une attention particulière au développement du secteur privé, à l’emploi des jeunes et des femmes et à l’adaptation aux changements climatiques.
Le Ministre Délégué auprès du MINEPAT, Paul TASONG, a dans son discours d’ouverture du séminaire, souligné l’importance de cette revue dans l’amélioration de l’efficacité et de l’impact des interventions de la BAD. Il a indiqué que l’exercice devait permettre de mesurer avec rigueur les résultats obtenus, d’identifier les contraintes qui affectent encore la mise en œuvre des projets et de dégager les mesures susceptibles d’en renforcer les performances.
Dans un environnement international marqué par des crises économiques successives, des tensions géopolitiques et une raréfaction des financements concessionnels, le MINDEL a insisté sur la nécessité d’une gestion stratégique et efficiente des ressources mobilisées. L’enjeu, a-t-il relevé, est désormais de veiller à ce que les financements engagés se traduisent par des résultats concrets et mesurables, en cohérence avec les priorités nationales de transformation économique et de réduction de la pauvreté.
André Noir




