(BFI) – La revue à mi-parcours du Document de stratégie pays (DSP) 2023-2028 du Groupe de la Banque africaine de développement pour le Cameroun confirme des avancées significatives dans la mise en œuvre des priorités stratégiques convenues avec le pays d’Afrique centrale. Les deux piliers du DSP, à savoir le développement des infrastructures au service de l’agro-industrialisation et le renforcement du capital humain et de la gouvernance, demeurent pleinement pertinents.
À mi-parcours, la Banque a approuvé huit nouvelles opérations, représentant 833,8 milliards de Fcfa, soit près de 70 % des financements initialement prévus pour l’ensemble du DSP. Le portefeuille actif de l’institution atteint désormais 2 149,89 milliards de Fcfa, auquel s’ajoutent des financements non souverains stratégiques qui témoignent de l’intérêt croissant du secteur privé au Cameroun.
« À mi-parcours, les résultats enregistrés sont encourageants. La seconde moitié du DSP devra être celle de l’accélération de la transformation agricole, de l’industrialisation, de l’accès à l’énergie, du développement du capital humain et surtout de la création d’emplois. Le secteur privé devra être au cœur de la transformation économique du pays », a déclaré Léandre Bassolé, directeur général du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale et responsable du bureau pays pour le Cameroun, lors de l’atelier de restitution de la revue à mi-parcours du DSP 2023-2028 et de la revue de la performance du portefeuille pour l’année 2026, qui s’est tenu le 14 juillet 2026 à Yaoundé.
Les montants mobilisés ont déjà permis la construction et la réhabilitation de plus de 570 kilomètres de routes, la mise en service du barrage de Nachtigal d’une capacité de 420 MW, l’appui à l’aménagement hydroélectrique de Lom Pangar, ainsi que l’inauguration du pont sur le fleuve Logone reliant le Cameroun et le Tchad. Les interventions du Groupe de la Banque au Cameroun soutiennent également le développement d’infrastructures rurales, les réformes économiques, et devraient générer plus de 14 500 emplois directs, en particulier pour les jeunes et les femmes.
La revue annuelle de la performance du portefeuille a mis également en évidence une amélioration notable de l’exécution des projets. La proportion des opérations classées en alerte rouge est passée de 48 % à fin février 2026 à 26 % à mi-juillet 2026, se rapprochant ainsi de l’objectif institutionnel fixé à 25 %.
Présidant l’atelier de restitution, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire et gouverneur de la Banque pour le Cameroun, Alamine Ousmane Mey, a salué les progrès tout en appelant à lever les principaux obstacles qui freinent encore l’exécution des projets. Il a cité notamment les lenteurs dans les procédures de passation de marchés, la mobilisation des fonds de contrepartie, les délais d’obtention des avis de non-objection et la nécessité de renforcer la gestion fiduciaire. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre les réformes engagées afin d’améliorer durablement la performance des projets et accélérer la mise en œuvre.
« L’objectif est de disposer d’un portefeuille performant, capable de produire des résultats tangibles, ressentis par les populations », a déclaré le ministre.
Les participants à l’atelier de restitution ont par ailleurs souligné l’urgence d’accélérer la signature des accords de financement et les décaissements afin d’éviter l’annulation de certains projets, près de 265 milliards de francs CFA (environ 404 millions d’euros) de financements étant potentiellement concernés.
À ce jour, le portefeuille actif du Groupe de la Banque au Cameroun compte 30 opérations pour un montant total de 3,28 milliards d’euros, principalement dans les transports (53,83%), l’énergie (22,32%), l’agriculture (10,8%) et le social (9,19%). Le reste du portefeuille concerne les secteurs de l’eau et l’assainissement, de la finance, de la gouvernance et de l’environnement.
La revue conforte la volonté du gouvernement camerounais et du Groupe de la Banque africaine de développement de renforcer leur partenariat afin d’accélérer la transformation économique du pays, soutenir l’investissement privé et promouvoir un développement durable au bénéfice des populations.



