Frémissement sur le marché financier sous régional

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BVMAC

(BFI) – Le 20 mars dernier, se clôturaient les souscriptions de l’appel à l’épargne public lancé par la République du Congo sur le marché financier régional de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Cet emprunt obligataire de 100 milliards de FCFA dénommé « EOCG 6,25% NET 2021-2026 » est assorti d’un taux d’intérêt de 6,25% pour une maturité de 5 ans. En attendant les résultats de l’opération qui selon des sources sur la place boursière devraient plutôt être favorables, l’on sait que les fonds levés par la République du Congo serviront à financer les projets inscrits dans la loi des finances 2021 « qui ont vocation à contribuer au développement économique et social du pays, ainsi qu’à l’apurement partiel de la dette intérieure » peut-on lire sur le communiqué d’annonce de cet emprunt.

Cette opération est la deuxième du genre qui se déroule en l’espace de quelques mois à la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique Centrale (Bvmac). En décembre dernier, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Bdeac) avait réussi à lever près de 107 milliards sur le marché financier. Pour l’année courante, l’institution que préside Fortunato-Ofa Mbo Nchama devrait solliciter un montant pareil dans le cadre de son programme d’investissement de 450 milliards. Toujours en 2021 le Trésor public gabonais entend émettre un autre emprunt obligataire après celui de 2019. Le montant n’est pas connu, mais le pays d’Ali Mbongo organise une campagne de séduction des investisseurs à travers les pays de la Cemac dont le Cameroun.

Outre les emprunts obligataires, le compartiment des actions a également connu un frémissement avec l’introduction en bourse de la Régionale S.A, établissement de microfinance de 2e catégorie qui a mis en vente des actions à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), à l’effet de procéder à une augmentation du capital dans le cadre de son processus de transformation en banque universelle. Une grande première depuis l’unification des deux places boursières sous régionales et qui témoigne d’une culture boursière en gestation.

Le dynamisme suscité jusqu’ici vient rompre avec la tendance atone observée depuis la fusion de l’ancienne Douala Stock-Exchanges (DSX) et de l’ancienne Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale de Libreville (Gabon). Jusqu’ici, le marché financier de la Cemac était l’un des moins actifs de toute l’Afrique. Au 31 décembre 2020, la capitalisation boursière s’est établie à 634,5 milliards de FCFA contre 735,6 milliards en 2019. Soit une baisse de 14% (-0,26% pour les actions et -14% pour les obligations). L’on est bien loin de l’objectif de 1200 milliards avec l’hypothèse de six sociétés cotées à raison d’une par pays annoncé par le Directeur général de la Bvmac en début d’année dernière. « Cette baisse s’explique essentiellement par le rachat partiel de certains titres obligataires et la radiation de certaines valeurs», justifie Jean Claude Mgbwa.

Si la question de la cotation des entreprises publiques est remise au goût du jour, c’est bien parce qu’elle figure parmi les piliers de cette dynamisation du marché financier. Réunis le 2 octobre 2019 à Yaoundé, les membres du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac) avaient en effet adopté le règlement relatif à l’introduction en bourse des participations des États et de leurs démembrements, dans les entreprises exerçant dans la Cemac. Une disposition qui peine à être appliquée par toutes les parties prenantes. A ce jour, seuls la Guinée Equatoriale et la République du Congo se sont déjà arrimés à cette norme communautaire. Les autres, dont le Cameroun, observent encore. « Les Etats doivent prêcher par l’exemple » commente un chef d’entreprise. Pourtant au-delà de cette frilosité, le marché financier représente un atout indéniable pour les entreprises qui pourront se financer de manière directe, sans plus passer par les établissements bancaires qui demandent des garanties.

André Noir

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