(BFI) – Le gouvernement congolais a attribué à la société Dangote Fertilizer Limited Congo, appartenant au milliardaire nigérian Aliko Dangote, un permis d’exploitation du gisement de sels de potasse de Mengo, situé dans le département du Kouilou, ouvrant la voie à un projet minier et industriel estimé à 3 milliards de dollars, selon le compte rendu du Conseil des ministres.
Les sels de potasse sont des minerais et composés contenant du potassium (comme le chlorure ou le carbonate de potassium). Extraits de gisements géologiques issus d’anciens océans, ils sont principalement utilisés comme engrais agricoles pour stimuler la croissance des plantes et interviennent aussi dans l’industrie chimique, pharmaceutique et le savon.
Le décret accordant ce permis a été adopté lors de la réunion du Conseil des ministres présidés par le chef de l’État congolais, Denis Sassou N’Guesso. Le permis concerne le gisement de Mengo, dont les réserves prouvées sont estimées à environ 325 millions de tonnes de sels de potasse. Selon les autorités congolaises, la durée de vie du site est évaluée à 25 ans.
Dangote Fertilizer avait déposé sa demande de permis le 2 avril 2026, quelques semaines après le retour du gisement dans le domaine public en raison du non-respect des obligations par son précédent détenteur.
Le groupe prévoit une montée en puissance progressive de la production. La première phase devrait permettre d’extraire un million de tonnes de potasse par an, avant d’atteindre deux millions de tonnes dans la deuxième phase puis trois millions de tonnes annuelles dans la troisième phase.
Le groupe nigérian entend développer une chaîne de valeur locale. Le projet prévoit notamment la construction d’une usine de fabrication d’engrais NPK au Congo, destinée à transformer une partie de la production de potasse sur place.
Cette stratégie s’inscrit dans les ambitions du groupe fondé par Aliko Dangote de renforcer sa présence dans l’industrie mondiale des engrais. Grâce à ses installations au Nigeria et à ses projets en Éthiopie, Dangote ambitionne de devenir le premier producteur mondial d’engrais.
Selon les autorités, le projet devrait générer environ 800 emplois directs et contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire du Congo grâce au développement d’une production locale d’intrants agricoles. L’entreprise s’est également engagée à réaliser les études de faisabilité ainsi que les évaluations d’impact environnemental et social requises avant le lancement des opérations.
La décision illustre la volonté du Congo de valoriser davantage ses ressources minières, alors que le pays cherche à diversifier une économie encore largement dépendante des hydrocarbures. La potasse est une matière première stratégique pour la fabrication des engrais, un secteur porté par la croissance de la demande agricole mondiale.



