Comment intéresser les particuliers au marché des titres publics au Cameroun

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Croissance Economique

(BFI) – Le gouvernement cherche des stratégies afin d’amener les ménages à participer à ce mode de financement de l’économie nationale qui peut également les aider à fructifier leurs épargnes.

Selon les données les plus récentes, le montant des épargnes logé dans les banques au Cameroun est estimé à plus de 4000 milliards de Fcfa, dont environ 30% appartenant aux ménages. Seulement, très peu de cet argent est utilisé pour le financement de l’économie afin par exemple d’aider à la réalisation des projets d’infrastructures. Dans l’ensemble de la zone CEMAC, sur les 1 219 milliards de Fcfa levés sur le marché monétaire sous-régional en 2020, les personnes physiques ont souscrit à hauteur de 18 milliards de Fcfa seulement, soit 1,3% de parts. Après étude, l’absence d’information sur ce mécanisme mais également le manque de culture financière sont la cause de cette faible participation des particuliers au marché des titres publics émis par les Etats.

C’est donc pour inverser la tendance que la direction générale du Trésor, de la Coopération financière et monétaire du ministère des Finances a entrepris une campagne de vulgarisation de ce mécanisme de financement afin de redynamiser le marché secondaire des titres publics, le segment auquel les ménages peuvent participer. C’est dans cette mouvance qu’il a été organisé le 9 février dernier à Douala, un débat entre spécialistes de ce marché, banque centrale et journalistes. Objectifs, échanger sur les enjeux du développement et de la dynamisation du marché secondaire des titres publics au Cameroun. Ce compartiment étant celui ouvert aux personnes physiques. En effet, pour ce qui est du marché primaire, il n’y a que les banques agréées.

La rencontre de mardi a permis de présenter les avantages pour les particuliers à investir sur le marché financier. On peut, sans être exhaustif, citer en fonction des titres, le paiement à l’avance des intérêts aux souscripteurs, le paiement des intérêts annuels à chaque date anniversaire de la valeur de l’émission, l’exonération de tout impôt de ces intérêts. Lesquels intérêts variant entre 3,5 et 7% en fonction des titres et de leurs maturités, sont d’ailleurs plus élevés que ceux pratiqués sur les comptes d’épargne classique. Et selon les responsables du ministère des Finances, il n’y a aucun risque à investir sur les titres publics.

Au terme des échanges, il ressort que pour véritablement dynamiser le marché secondaire, il est important de promouvoir la culture des marchés financiers auprès des populations. Les banques, spécialistes en valeur du Trésor, doivent également être promptes à informer leurs clients sur ces possibilités et les aider à créer et gérer les comptes titres, tout en évitant de faire l’appel public à l’épargne, pour ne pas tomber sous le coup de la réglementation.

André Noir

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