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Cicam entame des négociations avec la CNPS concernant sa dette

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Selon une source proche du sujet, la CNPS a pris cette mesure le 8 juillet pour des arriérés s’élevant à environ 4,5 milliards de Fcfa. Cette source a confirmé la fermeture des usines et entrepôts concernés et a reconnu le montant réclamé par l’organisme de sécurité sociale. Cicam cherche désormais à obtenir un nouvel échéancier de remboursement.

« Les négociations progressent bien », a déclaré notre source. L’entreprise prévoit d’effectuer un premier versement afin de démontrer son engagement à régler la dette avant de demander à la CNPS de renouveler le moratoire dont elle avait bénéficié. La source n’a pas divulgué le montant du versement prévu ni les conditions de l’accord précédent. À l’heure où nous publions cet article, aucun nouvel accord de remboursement n’a encore été finalisé. La durée du précédent moratoire, le nombre d’échéances déjà versées et les circonstances ayant conduit à la saisie des installations n’ont pas été divulgués. Ces détails devraient jouer un rôle déterminant dans les négociations.

Même si les scellés sont levés, la simple réouverture des installations ne suffira pas à redresser une entreprise dont le tissu industriel s’est dégradé au cours des dernières années. La restructuration pourrait nécessiter jusqu’à 48,2 milliards de Fcfa.

Ce nouveau différend survient alors que Cicam traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. L’entreprise a vu ses parts de marché chuter progressivement sous la pression des importations de vêtements d’occasion, des textiles à bas prix en provenance d’Asie et d’Afrique de l’Ouest, et de la contrebande. Ces difficultés commerciales sont aggravées par des pertes financières croissantes et un matériel de production vieillissant, conséquence d’années de sous-investissement.

Une étude diagnostique commandée par le ministère de l’Industrie et réalisée par le cabinet de conseil Mazars estime que la restructuration de Cicam nécessiterait entre 30,7 et 48,2 milliards de Fcfa, selon les scénarios envisagés. Si le gouvernement finançait seul la restructuration, l’étude estime le besoin de financement à 40,6 milliards de Fcfa. L’arrivée d’un investisseur privé réduirait ce besoin à 21,7 milliards de Fcfa.

Dans les deux cas, l’étude conclut qu’un investissement substantiel sera nécessaire pour moderniser les installations industrielles de l’entreprise et relancer la production.

Les négociations avec Arise restent au point mort

Parallèlement, les discussions entre le gouvernement camerounais et Arise Plateformes Industrielles Intégrées (Arise IPP) concernant un éventuel investissement dans Cicam n’ont toujours pas abouti à un accord annoncé publiquement. Ces discussions ont débuté fin 2024. L’absence de progrès continue de peser sur les plans de restructuration de l’entreprise et sur la recherche d’un partenaire industriel stratégique.

Dans le même temps, un consortium composé de Panafritex, filiale textile d’Arise, du producteur de coton Sodecoton, de CNPS et de Marlo Properties Fincorp étudie la possibilité de créer Camtext SA. Le complexe textile intégré, d’un coût de 180 milliards de Fcfa, serait construit dans la zone industrielle de Dibamba et traiterait 12 000 tonnes de coton de Sodecoton par an. Ce projet soutient l’objectif gouvernemental d’augmenter à 50 % la part de la transformation locale du coton d’ici 2030. Son financement et son calendrier de mise en œuvre restent cependant incertains.

La CNPS joue un double rôle

La participation prévue de la CNPS dans Camtext complexifie la situation. L’institution serait à la fois créancière, cherchant à recouvrer les cotisations impayées de la Cicam, et investisseur dans une nouvelle entreprise textile qui devrait jouer un rôle important dans l’industrie camerounaise. Ce double rôle soulève des questions quant à la cohérence entre la restructuration de la Cicam et le développement d’une nouvelle plateforme industrielle soutenue par des investisseurs publics et privés. Il ne crée toutefois pas de conflit d’intérêts intrinsèque, la CNPS restant responsable du recouvrement des cotisations de sécurité sociale impayées, indépendamment de ses autres investissements.

L’émergence de Camtext soulève néanmoins des questions plus générales sur le rôle futur de la Cicam dans l’industrie textile du pays. Un nouvel accord avec la CNPS pourrait permettre la réouverture des installations de Garoua, mais ne résoudrait qu’une partie des problèmes de l’entreprise. Le redressement à long terme de Cicam dépendra en définitive de sa capacité à obtenir les financements nécessaires à la modernisation de ses opérations, à attirer un investisseur stratégique et à définir sa place dans une industrie textile en pleine mutation.

Paul Nkala

Rédaction
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