(BFI) – Le Cameroun déclare disposer d’un réseau routier revêtu proche de 10.000 km à la fin de l’année 2025. Cette évolution ressort du Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) à moyen terme 2027-2029, qui dresse le bilan à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement (SND30). Le gouvernement y indique que la part du réseau routier bitumé est passé de 6% au lancement de la SND30 à 9,5% en 2025.
Le document précise que « le linéaire total revêtu avoisine désormais le cap de 10.000 km, englobant un réseau interconnecté de 109,10 km d’autoroute, 5 731,24 km de routes nationales, 1 495,27 km de routes régionales et 2 549,57 km de voies communales ».
Selon le gouvernement, « cette dynamique d’infrastructures productives s’est matérialisé par la livraison des projets d’intégrations régionales majeures à l’instar du pont sur le Logone reliant le Cameroun au Tchad et de l’axe transfrontalier Sangmélima-Ouesso vers le Congo. L’évaluation à mi-parcours réaffirme l’orientation stratégique du gouvernement visant à maximiser la compétitivité des grands corridors logistiques nationaux, en particulier le désenclavement des bassins de production agricole et l’expansion des dessertes de la phase 2 du complexe industrialo-portuaire de Kribi entrée en exploitation en mai 2025 ».
Un réseau encore largement dégradé malgré les avancées
Cette progression du linéaire bitumé contraste toutefois avec l’état général du réseau routier. Les données publiées en septembre 2025 par le ministère des travaux Publics montrent que 75% du réseau routier camerounais, soit 9 1404,7 km demeure dans un état médiocre ou mauvais, contre 25% soit 30 468,2 km, classé en bon ou moyen état.
Dans le détail, 109 km de routes sont entièrement en bon état. Les routes nationales présentent 69% de leur linéaire en bon ou moyen état, une proportion qui atteint 80% pour les sections bitumées. En revanche, ce taux tombe à 35% pour les routes régionales, dont 67% des tronçons revêtus sont en bon état. La situation est encore plus préoccupante sur les routes communales où seulement 18% du linéaire est jugé en bon ou moyen état.
Le ministère des Travaux Publics souligne par ailleurs que l’état global du réseau ne s’est amélioré que de cinq points par rapport à 2024. Cette progression limité est attribuée à plusieurs facteurs, notamment l’usure des chaussées, les effets des changements climatiques, l’incivisme de certains usagers, ainsi que les capacités financières, techniques, logistiques et humaines encore insuffisante d’une partie des entreprises du secteur des travaux publics.
Par ailleurs, les objectifs de bitumage fixés ces dernières années n’ont pas été atteints. Le gouvernement prévoyait de réaliser 6 000 km de routes entre 2020 et 2024, mais environ 2 000 km seulement ont été effectivement bitumés. Les autorités expliquent cet écart par les contraintes sécuritaires qui ont affectés plusieurs chantiers, notamment sur des axes Dabanga-Kousseri, dans la région de l’Extrême-Nord, confronté aux incursions de Boko Haram, et Babadjou-Bamenda, dans les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest, marqué par la crise sécuritaire dans les régions anglophones.
A ces difficultés, ce sont ajoutés les retards dans le paiement des décomptes de ces entreprises ainsi que les perturbations provoquées par la pandémie du Corona Virus.
Antoine Mboussi



